• Alfred Manessier

                                peinture:              Alfred Manessier

     

     

    Ici nous nous  trouvons

    face  à un mur  d'ocre  et d'azur.

    On ne verrait  qu'une  falaise

    avec des arbres  qui penchent.

    Je les ai effacés,

    pour ne me rappeler

    que du passage des oiseaux,

    traçant des lignes  invisibles,

    à la façon de cordes tendues

    entre les  rives.

    De temps  en temps,

    un trait oblique :

    un arrêt sur l'image:

    quand l'un d'entre eux plonge

    pour se poser sur une  branche

    à proximité de son nid.

    Je ne l'ai pas dessiné.

     

    (  sur une  peinture de Manessier 

    " étude pour les oiseaux passant sur la  campagne")

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  •  

     

     

    Une peinture à l'eau pour  Frida Kahlo - ( RC )

    Aquarelle RC - déc 21           d'après une nature morte  de Frida Kahlo

     

    --------

     

    Vas-tu finir  ton dessert,

    d'orange  amère

    de goyaves  et de pastèques ?

    J'ai bien préparé les choses

    avec du vert cru

    et beaucoup de rose.

     

    Tu pourras  exercer  tes canines

    et mordre même l'assiette

    de porcelaine .

    Si le temps dépose sa patine

    - c'est une  hypothèse -

     

    Es-tu prête à t'exercer

    à la  cruauté  ?

    Dans ta main maladroite

    le couteau dentelé

    et son manche  ébréché

    pour écarteler les  fraises .

     

    La morsure des fruits

    ne fait pas plus de bruit

    que  cette nature morte

    enfantée dans la  douleur

    par Frida Kahlo .

     

    Tu garderas en toi

    la trace de la blessure:

    le sang des oranges

    est tout à fait indiqué

    pour la peinture à l'eau .

     

     

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                         peinture:   Nicolas de Staël:                    toits de Paris - 1952

    -

     

     

     

    Faire  que  le tout                        s'étale

    à grands coups de spatule

    et que la peinture  s'écrase

    poussant                   de petits monticules

     

    La matière de surfaces agitées;

    -----------------           la couleur  décalée

    sous le gris se profile            le rouge,

    Nicolas ,              et les  toits de Paris

     

    Cliquetant des                               éclats d'argent

    lorsque filtre    un pinceau de lumière

    au gré du vent,             sur la ville

     

    ses  écailles y brillent

    une nasse fragmentée  d'envers,

    ....            Immobile  d'hivers

     

    -

    -

     

    RC  - 24 novembre  2012

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  •  

    art cycladique: British Museum  London

    art cycladique:         British Museum                 London

     

    La muse des mystères,

    n’a pas de visage,

    ou alors,        seulement indiquée,

     

    L’arête du nez,

    dépassant du lisse,

    mais juste la substance des choses,

     

    >             L’essentiel est dit ,

    l’expression ne s’accroche

    ni aux lèvres absentes, ni au regard…

     

    idole cycladique – Met – Art Mus ( NYC)

    Nous laissons le nôtre,

    parcourir l’espace,

     

    La pierre debout,

    à la stature humaine,

     

    Et cette énigme,

    blanche et dure,

     

    La courbe même, en tension ,

    fuit,           dans l’harmonie,

     

    Les récits parasites,

    venant perturber l’aube de la nuit.

     

    La nuit des temps, – dit-on,

    pourtant,       ne se fond pas dans l’obscur,

     

    Si simplicité fait aussi l’épure,

    polie des mémoires de chair,

    Des peuples cycladiques,

    Nous sommes, en présence,

    de l’infini.

     

    RC – 19 septembre  2013

    – en relation avec l’article de Michèle  Dujardin  » Cyclades »

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  • peinture  Odilon Redon

     

    --

    Odilon,

    pour rimer avec son nom,

    organise sur la table

    la rencontre improbable

         d'un citron

                 et  d'un poivron:

     

    voilà qu'on les  déballe

    sur une  serviette à initiales ;

            le citron grenu

            qui a l'âme ingénue

    salue respectueusement

    le poivron au vert luisant.

     

    Que l'on ne s'y trompe pas,

    ailleurs on prépare le repas,

           on a dressé les  assiettes,

         haché la ciboulette

    dans la cuisine :

    la délicate odeur flatte les narines

    et parfume

    le futur des légumes.

     

    Avant qu'on ne les  coupe  en tranches,

    Odilon les peint sur la nappe blanche:

               - belle  composition

                         avant la cuisson - :

     

    C'est le témoignage qu'Odilon

    fit             - de leur dernière  conversation   ...-.

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  • J A Watteau   l'embarquement pour  Cythère

     

    Il est une joaillerie fragile,

    suspendue aux fils,

    toujours bien peignés,

    de la toile d’araignée

     

    Ce sont des gouttes pour décor,

    des perles de colliers lisses,

    qui, lentement s’évaporent,

    quand la journée glisse,

     

    en arabesques changeantes,

    les insectes au vol léger,

    viennent alors s’y piéger,

    car la toile est transparente…

     

     

    Et si c’est une autre toile,

    qui piège le paysage,

    ses étés et ciels d’orage,

    et des myriades d’étoiles.

     

    Par petites nuances

    le tourbillon des doigts lestes

    où de grands gestes,

    soudainement           dansent,

     

    Quelques pas de lumière,

    accrochés sur les pourpoints,

    et habits de satin,

    " L’embarquement pour Cythère…"

     

    Nous entrons dans un monde imaginaire,

    emportés dans une aventure,

    où s’affrontent     les couches de peinture,

    ...le cheminement du regard       s’y perd,

     

    jusque dans les aires         lointaines...

    - les miroirs des eaux       croisent les jours.

    où , portés, par des ailettes, de  jeunes  amours

    traversent une perspective     incertaine…. -

     

    tous ces personnages, ensemble

    se promènent comme dans un parc,

    tandis que l’on embarque   .

    et l’eau se ride,          et tremble…

     

    >         Laissons partir ce vaisseau,

    jusqu’au bout du monde,

    où les couleurs se fondent,

    et aussi ….          les coups de pinceau .

     

    Chaque regard est neuf ;        aucun n’est usé,

    la peinture, a traversé le temps,

    même à travers quelques instants,

    accrochés au musée.

    1717   Watteau  Le Pelerinage a l'ile de Cythere, Detail Cherubiins

    "l'embarquement"  (  détail )

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  • peinture  Clyfford  Still - musée  de Denver

     

     

    Une symphonie bleue,           emportée,
    Une bataille de pinceaux
    Où les encres s'emmêlent, en un assaut
    Traversé de gestes et d'une portée

    C'est juste ce qu'il faut d'artistique
    Pour , en danses, faire remuer les pieds
    En jetant les couleurs sur le papier
    Et interpréter la musique

    D'une curieuse façon
    Les notes bleues encore accrochées
    ont eu leurs tiges arrachées
    dans cette partition.

     

    Mais ne vont pas tarder à chanter
    - une sorte de danse de Saint Guy
    - un air de boogie-woogie ?
    Qui pourrait nous enchanter

    Je vois déjà les classiques
    Regarder les notes qui s'envolent
    - çà, c'est pas d'bol !
    Et jettent des regards avisés et critiques

    d'un swing délirant qui s'approche
    D'un violoncelle électrique
    Qu'enveloppent les ondes magnétiques
    de la course des double-croches ..

     

    S'échappent d'une trompette
    à la Miles Davis
    Et d'un trombone qui coulisse
    le groupe des saxes,        en tête.

    A suivre l'impro, déployer les voiles,
    Reprenons ,             les pinceaux en main...
    Arrête ton délire,       et de faire ton malin !
    Tout ceci n'est pas dans la toile,

    C'est un jeu de l'esprit
    Voulu par l'artiste

    Une sorte de jeu de pistes
    De la toile,            s'échapperait un cri ...

     

     

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  • une  aquarelle  à la Mondrian - ( RC )

                                                      Aquarelle  perso  d'après Mondrian

     

     

     

    Aujourd'hui j'ai un peu de temps,

    je me sens pousser des ailes...

    - si je peignais l'aquarelle

    que tu attends ...?

     

    Ce pourrait être  un paysage  fleuri,

    un morceau de nature

    sous un ciel d'azur,

    une vue du Mont Fuji

     

    Mais je délaisse le côté oriental

    pour la  campagne  provençale...

          ...J'imaginerai l'été

    avec des teintes  bleutées.

     

    Ça pourrait être le matin

    tout en couleurs  froides

    posées  sur les  façades

    et quelques  touches  de brun.

     

    L'air sera transparent,

    il n'y aura pas de vent,

    je superposerai en couches fines

    quelques  collines.

     

    Tiens,        voici quelques  cyprès

             dans les  gris-bleu et violets

    surgissant du néant !

           - à la manière de Mondrian - ,

     

    ... rien de romantique

    dans le rythme irrégulier

    des peupliers

    et ces lignes  obliques.

     

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  • peinture : Kees Van Dongen

      Litho  d'après         " l'amazone"                             Kees Van Dongen - 1930

     

    --

     

           Une amazone

    à la lisière du bois,

    des cavaliers

    que l'on ne  voit pas...

     

    Une biche,       un cerf

    ailleurs,           aux abois.

              Une amazone

    qui pose en pied

    devant le peintre,

    au regard  sévère :

    j'imagine à ses pieds,

    un sanglier...

     

    La chasse à courre

                           et à cors :

    un bois de velours

    sans l'ombre de la mort

    à contre-jour:

               c'est pour le  décor .

     

    Diane est chasseresse;

    elle  tient  la  cravache,

              tout en sveltesse,

    en oublie la chasse ;

    -      mais ses bottes de cuir

    lui vont à ravir...

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  • Diebenkorn Coffee

    peinture:                  Richard Diebenkorn

     

    Vêtue d’inachevé,

    ce n’est pas ton visage

    qui émerge de l’eau,

    et ton rire blessant la toile .

    Ta peau est fluide,

    et personne n’écope,

    les éclaboussures

    étoilant ta robe .

     

    Tu émerges juste de la couleur :

    Il suffirait de presque rien,

    pour que tu retournes

    dans l’anonymat

    ….      – te diluant dans les glacis,

          et les coulures ,

    dissimulée par les larmes,

    de la peinture:

     

    Celle-ci n’est pas sèche ,

    et colle encore aux doigts.

    Il y a, sur eux

    comme une saveur marine…

    teintée d’essences :

    C’est une apparition :

    –       sous les pinceaux,

             j’assiste à ta naissance .

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  • Esquisse  d'un ange - ( RC )

    Peinture-pastel : Thierry Tillier, auteur, par ailleurs de "23 esquisses de l'ange"



    Quelque  chose s'épuise  dans  les  esquisses.

    Sur un fond mal défini , un modèle  se glisse :

    une figure de danse...

    Le personnage vide de  sa substance,,

    se tient  en équilibre  -

    traversé de gris et de vert.

             Qu'un trait blanc  l'enserre,

             le voilà translucide.

     

    Le fond se métamorphose,

    efface les ailes ...

        à peine teinté  d'un rose

                  un peu artificiel.

    L'esquisse marque  l'hésitation 

    jusque  dans  les  franges ,

    le contour de la vision...

     

    était-ce  donc un ange

    que l'on prive de ses ailes

         pour le sertir

            de couleurs pastel,

                bleu saphir,

                    vert de gris,

    gestes  effacés

    avec frénésie,       qu'en dépit de tout

             tu essaies de préciser...?


    RC

     

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     Sculpture: "oiseau-tête",  de Max  Ernst

     

     

    Qui imaginerait un oiseau

    prêt à s'envoler

    lui,       pourtant prisonnier d'un tableau

                                        au format carré ?

     

    Devinerait-on            un bec

    et la légère ondulation des ailes,

    un dessin d'ocelles,

    sous l'aspect d'un masque aztèque ?

     

    Cet oiseau figure un visage

                   au regard absent .

    Il regrette infiniment

    l'empreinte      de ses voyages....

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  • un chinois égaré  -   d'après une  sculpture  de Max  Ernst - ( RC )

    --sculpture  de Max Ernst  :  un chinois  égaré

     

     

    Peut-on aider

    le chinois  égaré

    à trouver  son chemin ?

     

    Le guider par la main,

    l'escorter  d'un bonze

    - compagnon d'infortune -

    lui montrer la lune,

    prisonnière d'une plaque  de bronze...

     

    La  voila  qui crie,

    d'un grand  cri muet :

    le chinois l'a tuée,

    comme je vous l'écris

    après  qui se soit saoulé

    dans la nuit  épaisse :

     

    coulée dans un métal

    plus ordinaire  que l'or,

    à jamais figée

    dans  sa détresse .

     

    Notre chinois ressent-il des remords 

    pour sa conduite  déloyale 

    et sans  égards

    pour notre satellite ?

     

    Il a pris la fuite

    dans le quartier de la gare

    je viens de le  retrouver

    dans cet endroit mal famé

    perdu dans une  rue  obscure,

    oublieux de sa forfaiture

    et de ses fredaines :

     

    la lune désormais défunte

    lentement s'est éteinte,

    nous laissant à notre peine...

     

     

     

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  • Comme  chez  Francis Bacon  -  ( RC )

    peinture: F Bacon:   trois figures sur un lit  -  collection particulière

    Si c’est la chair abandonnée,

    de peine,    de joies,       de rages,

    l’éclairage cru,           d’otage,

                          le sang égoutté

    lentement dans la nuit,

    cette grande baignoire

            où la vie s’enfuit

                  d’un coup de rasoir.

    Difficile ainsi de se représenter

    en auto-portrait….

                    plutôt se filmer là,

                    devant la caméra :

    machine sans émotion

    oeil indifférent

    où s’installe l’espion

    de nos derniers instants

         ( Pour ceux qui aurait du mal à le croire

    en léger différé –        vous pourrez revoir

                                 la vidéo prise ce soir là ) :

    une fleur pourpre s’étend

    lentement sur le drap ,

             un bras pend

             et la lumière s’éteint

    Bacon aurait pu peindre

    cet évènement sur la toile:

    une pièce presque vide

    un fond bleu pâle

               une sorte de suicide

               sous un éclairage livide

    cru         dans son contour électrique

    une ampoule laissée nue

    ( on dira que cela contribue

    au geste artistique ).

     

    Un corps semblant inachevé

    aux membres désordonnés

    exhibés comme dans une arène

    livré au regard obscène

              alors que ,         pour tout décor

    l’air brassé par un vieux ventilateur

    tourne                    lentement encore

                        dans d’épaisses moiteurs

    La peinture a de ces teintes sourdes

    comme enfermée dans une cage

            On n’y rencontre aucun visage

    c’est une atmosphère lourde

    de senteurs délétères,

    dont elle demeure prisonnière.

          Même exposée dans le musée,

                       elle sent le renfermé

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  •  Masque Y-   d'après une  sculpture  de Max  Ernst - ( RC )

    masque "Y"  sculpture  de Max Ernst

    -

     

    C'est une  figure qui me  fixe,

    de ses orbites  creuses .

    Point de grâce dans les angles,

    dans cette figure  primitive,

    sortie comme par inadvertance

    des mains du sculpteur.

     

    Juste quelques traits  ébauchés,

    taillés avec effort dans une matière

    d'apparence  revêche.

    On dirait qu'il s'agit d'un coin de métal,

    répondant au choc de la masse,

    éclatant le bois le plus dense .

     

    Cette  figure n'a rien d'une idole.

    Elle  ne représente qu'elle-même,

    sans  supporter  les traits d'un dieu

    ou le souvenir  d'un ancêtre.

    Seule  sa présence intrigue par sa rudesse,

    et son obstination à me  fixer.

     

    Elle  a quelque  chose

    d'un être mutique,voulant parler, 

    mais qui n'a pas de bouche,

    quelque chose  d'un combattant antique

    dont on imagine les  traits

    figés par le  trépas.

     

    Ses orbites  creuses disent-ils

    un regard  tourné en-dedans,

    l'ébauche  d'une parole

    muette  et prisonnière

    qui ne parvient pas

    à s'extraire de pierre ?

     

    Je ne saurai jamais

    l'intention du sculpteur,

    celui qui, à travers la figure humaine,

    juste avec quelques  traits,

    m'interroge

    de ses yeux  absents....

     

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  • La plus belle  -   d'après une  sculpture  de Max  Ernst - ( RC )

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    C'est  toi que l'on dit la plus belle

    des jouvencelles.

    (  pour ce qui est du beau , 

    - je suis  dans  l'embarras,

    car beaucoup ne connaissent  que  la Vénus  de Milo

    - qui,       comme toi,               n'a pas  de bras  - ).

    Je vois  que  ton corps  s'allonge,

             le cou porté si  fin

               qu'il finira  en filin

                en matière  de bronze.

     

    Pas de bras,      pas de manches,

    mais voilà que l'on s'en passe ,

    alors  qu'avec audace  

    ton corps  aux courbes  adoucies,

      doucement,           se déhanche...

    comme ces premiers Giacometti....

     

    Ernst nous donne cette princesse d'ébène,

    qui avance , sans  cérémonie,

            défilé de mode sur une scène

                 - l'air vaguement  endormi - :

    On vient  de réveiller  l'odalisque.

            C'est "la plus belle"  qui nous  sourit

    son visage inscrit  dans un disque

                   ...  nouvelle poupée  Ashanti...

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  • Le jardin bleu - ( RC )

    peinture  H Matisse  :       deux filles  sur un fond  corail, jardin bleu         Collection Barnes

     

     

    N'as  tu jamais   rêvé d' un jardin,

    qui s'éveillerait à la nuit ?

             ( et ses arbres  bleus,

            vaguement brossés

            dans un carré  suspendu...)

     

                            Ce serait une fenêtre

                           ouverte  sur un intérieur 

                           quand s'approche minuit ,

    que nos  corps fatigués par la lecture ,

    se dessinent avec peine       sur le fond corail.

     

             Les joncs,         dans leur  halo blanc

    sont prêts à envahir tout l'espace libre:

            on se demande  ce qui les  retient,

    si ce n'est  le vent ,

          qui retient  son souffle.

     

    Il semble qu'une silhouette  indécise

    s'approche  de la fenêtre,

    toute vêtue         du bleu d'un ciel

    qui a commencé à confondre l'air,

    mangeant branches et feuillages .

     

               Rien ne pourra  s'opposer

                         à ce qu'elle  rentre,

    lentement      - comme  dans  ces  films

                              où les nuages  

                         se glissent  sous les portes - ,

     

            à moins  que le  peintre

                  ne remplace la nuit,

    elle qui se déplace  sans  bruit ,

    en accrochant au mur,

    le calme d'un jardin de printemps .

     

     

    RC    nov 2020

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  • L'oiseau mordant une pierre  ( d'après une  sculpture de Max Ernst ) - (RC )

    Celui qui vient et regarde,

    arrive un peu trop tard.

    -

    Le pire n'est pas  certain,

    si l'oiseau  décrit  le paysage

    et délaisse  son oeuf  ,

    -

    c'est  que la faim 

    lui fait mordre les pierres .

    -

    Il côtoie  les  figures  allongées ,

    depuis  que  le lierre

    les  a privées  de liberté .

    -

    Ou bien,   gardien du phare, 

    il crie plus  fort  que  la nuit .

    -

    D'autres  ombres  s'enfuient :

    celles  de Rotheneuf,

    où le  soleil s'égare,

    secoué  d'embruns.

    -

    Il reviendra, c'est  certain ,

    mais  tu arrives toujours trop tard.

    -

    Courtes  sont les heures qui passent,

    se hâtant de te mettre  à l'écart :

    -

    Aujourd'hui n'est plus hier  :

    L'oiseau qui trépasse

    s'est  transformé en pierre.

     

    RC   (  en relation ,aussi  avec  les  rochers  sculptés  de Rothéneuf, vers  Saint Malo )------> photo perso

     

    L'oiseau mordant une pierre  ( d'après une  sculpture de Max Ernst ) - (RC )

     

     

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  • La belle allemande - ( RC )

     

     

     

    Lors d'un voyage à Londres

    n'aurais-tu pas vu la femme blonde,

    celle dont les épaules rondes

    cachaient une partie du monde ?

     

    Je n'aurais pu lui donner un âge,

    ou compter sur mes doigts les ans

    qu'elle portait comme autant d'enfants...

    De profil, une queue de coquillage

     

    J'ai compté jusqu'à onze

    ses petits pas menus

    quand elle se promène à demi nue,

    entr'ouvrant sa robe de bronze.

     

    Ne cherchez pas de midi à quatorze heures:

    la belle allemande ne vous reçoit qu'à genoux,

    et encore, seulement sur rendez-vous...

    Jamais vous ne la prendriez pour votre soeur...

    -

     

    RC - aout 2020

    ( sur une sculpture de Max Ernst " la belle allemande" )

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  • peinture: James  Ensor: autoportrait aux masques

     

    Si je me rappelle mes cours de physique,

    ce seraient de ces forces opposées

    qui s'affrontent comme des pensées contraires.

     

    L'expérience renouvelée du couple de torsion

    engendre le mouvement inverse

    dès lors que les contraintes se relâchent.

     

    Si l'art est sujet à ces contraintes,

    que deviendrait-il si celles-ci disparaissent ?

    Les paysages tourmentés reviendraient-ils au calme,

     

    Van Gogh ou Ensor, échangerait-ils leur style

    pour des autoportraits

    qui pactisent avec ceux de Rembrandt ?

     

    Leur visage, dans la réalité qu'ils traversent

    est-il parcouru par le temps

    qui leur impose leur marque ,

     

    comme la tension d'une corde

    trop serrée laissant son empreinte

    en creux, dans la peau ?

     

    Relâchons la tension, annulons ces forces ...

    le visage représenté deviendrait-il aussi lisse qu'un masque neutre ,

    n'ayant rien à confier à notre propre regard ?

     

     

    rc 

    msk mexiq -- photo-bruno-grandjean

    masque populaire mexicain

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