•  

     

     

     

     

     

     



    peinture:     Nicolas de Staël Notes finales pour une nature-morte

     

    Comment le peintre  s'en va  

    explorant les  lointains,

    puis revient dans une  nature morte

    avec de grandes  zones plates .

     

    Ce sont des murs de couleur .

    Ils se dressent.

    Ils  débordent de leurs limites,

    comme les bouteilles

    dressées sur la table  de l'atelier .

     

    Leur texture se  sent  presque ,

    même  si aucun détail ne la montre.

    Leur  distance s'annule 

    comme la pesanteur

    sous de larges  coups de brosse.

     

    Deux formes rouge et bleu, sans nuance

    combattent des grisés de mauve .

    On ne les identifie pas 

    et cela n'a pas  d'importance .

     

    Une note finale,

    stridence nécessaire,

    comme à la fin d'un chorus de jazz,

    l'éclat cuivré d'un coup de  cymbale .

     

    -

    RC -  fev  2018

     

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  • sculpture: C Brancusi

    sculpture  C Brancusi

     

     

    -

     

     

    L'oiseau de passage

    Flèche  les pages

    Données  au vent.

     

    Il ne laisse trace,

    Que l'ombre fugace,

    Courant  sur le sol,

     

    Et les ruisseaux, les forêts,

    Oublient  tout de l'image,

    Car elle est sans mémoire.

     

    Elle ne s'accroche ,    qu'au temps,

    Celui de l'envol,

    Celui de      l'instant présent.

     

    Qu'importe     le nom des hommes,

    S'ils font de leur vie un envol...

    Ils s'accomplissent  autrement,

     

    Même sans graver leur nom dans l'histoire.

     

    -

     

     

     

    RC- août 2014

     

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  •                  

    La muse endormie -  ( RC )

     sculpture: C Brancusi

     

    Elle est là, lisse et brillante,

    comme une goutte d'eau posée là.

    Ce pourrait être sur un lit de branches,

    ou coussin de velours         .

                          Elle repose, immobile,

    mais cela n'a rien à voir avec la mort.

     

    Elle rêve en son sommeil ,

    concentrée sur son rêve de bronze ,

    lisse dedans, sereine   :

    tout est possible dans ses pensées,

    la muse sourit en silence

    dans son sommeil.

     

    Ni déesse solennelle,

    ni allégorie,        elle a aucun attribut,

    ne présente qu'elle même ,

    naturelle au point que l'on oublie,

    que,                     toute entière  dans son seul visage  :

                                                                       la sculpture a délaissé son corps .

     

            Elle est là,        lisse et brillante,

    et attend avec bienveillance,

    comme une évidence .

    Elle est muette, endormie,        suivie de son ombre ronde :

             Attends qu'elle se réveille,

    elle te confiera son secret.

     

    -

    RC - janv 2018

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  •  

    Un temps  qui n'a ni début, ni fin - ( RC )

    photo de Patrice Terraz voir portfolio 

     

     

    Il y a sur la mer des ombres immobiles,
    noires,
    aussi denses que pourrait l'être
    l'espace d'un mutisme.

    Il ne dit rien de lui-même,
    clos sur son silence,
    alors que tourne le ciel,
    autour d'un centre indéfini,
    que peut-être on ne peut imaginer.

    C'est sans doute
    parce qu'on fixe sur la pellicule,
    le temps qui défile,
    et se courbe .

    Le regard ne le traverse pas :
    sa distance se confronte à l'épaisseur de la nuit,
    mais celle-ci palpite de lumière,
    moins pesante que la pierre :
    un vol engourdi et circulaire.

    Un temps qui n'a ni début, ni fin .

    -
    RC - janv 2018

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  • Katia Bourdarel - Le ruban

    peinture:  Katia Bourdarel  "le  ruban"

     

     

    J'ai vu cette main en gros plan,

    posée sur un membre,

    ou un corps  souple .

    Peut-être  était-ce celui d'un autre

    plutôt que celui de  la personne  

    à qui appartient la main.

     

    Rien ne l'indique .

    Ou peut-être  une  légère  différence 

    de pigmentation de la peau  :

    Les doigts sont face à nous .

    La main repose, légère,

    abandonnée.

    Lassitude,  tendresse ?

     

    Elle s'enfonce légèrement 

    dans la peau, souple, accueillante.

    Mais les ombres sont  pourtant assez marquées :

    elles tirent sur le mauve.

     

    Ce qui surprend , 

    c'est  aussi l'ombre portée du bras

    sur l'arrière plan,

    placé précisément sur l'axe diagonal du tableau ;

     

    comme si  celui-ci était plaqué

    sur la surface  d'un mur, 

    donc n'ayant pas l'espace nécessaire

    pour qu'il puisse se poser

    sans faire une  contorsion.

     

    C'est une main féminine, 

    et le torse,  horizontal,

    si ç'en est un, 

    montre un petit grain de beauté  

    au niveau du pouce :

     

    cela fait un ensemble empreint de douceur, 

    mais l'arrangement de l'ensemble

    ne semble pas tout à fait naturel :

    la position rappelle un peu

    celle de la main de l'Olympia,   de Manet.

     

    Le titre attire notre attention

    sur un ruban noir étroit,

    noué au niveau du poignet.

    C'est un détail, 

    qui réhausse le côté un peu blafard de la chair;

    et on se demande s'il y a un sens particulier,

    donné par sa présence:

     

    s'il était placé plus haut, 

    ou ailleurs, 

    plus  épais, d'une teinte différente.

    Si le noeud  n'était pas si  apparent...,

    et s'il n'y avait rien du tout,

    seulement  son empreinte  ?

     

    Comme un ruban du même type 

    est aussi présent dans l'Olympia,

    mais autour du cou, et noir également

    c'est une similitude,

    comme l'oblique  du bras,

    qui n'est peut-être pas  fortuite ,

    et on s'attendrait sur d'autres  toiles,

    à des rapprochements similaires...

     

    -

    RC   - janv  2018

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  •  

    Des personnages- témoins, chez  Edgar Hopper

     

    Il y a une personne,      seule, souvent.

    Elle  regarde  dehors.

    Quoi ?           on ne sait pas .

    Cette personne  est isolée .

    Non pas seule,   mais isolée :

    elle  contemple  ce qui se passe

    en-dehors du lieu où elle se situe.

    Elle n'y prend pas part.

    Ou rarement.

    C'est une  figurante.

    Posée là pour donner l'échelle .

     

    En fait, il pourrait aussi bien n'y avoir personne .

    >    Juste un bureau,      une chambre  d'hôtel ... 

    et la lumière ,          dont on ne voit pas la source ,

    découpe ses formes géométriques sur les murs .

    La clarté en devient  abstraite .

    On dirait que,          quel que soit le décor,

                                      ou ce qui est peint, 

    tout se répète,       inexorablement,

    sans brutalité, sans noirceur,

    se déroulant sous le regard des personnes représentées, ,

    comme sous le nôtre :

     

    le regard d'un témoin 

    qui voit les choses lui échapper :

              le temps  n'est pas arrêté .

    Son passage n'est pas offert à la beauté,

    ou la contemplation,

    à l'inverse d'une peinture de la Renaissance :

    la scène se saisit d'un quotidien ordinaire,

    et des gestes banals,     curieusement familiers ,

    car ils sont ceux que nous pouvons faire,

    comme si on se voyait juste    survivre 

    à un spectacle        qui ne nous  concerne plus.

     

    -

    RC - janv  2018

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  • Collage - Max  Ernst

     

     

    Il y a toujours

    Sur les billets de banque

    Des portraits de héros

    Sauveurs des nations,

    Des princes et des savants

    Et quelques faits marquants

    Partagés en histoire ,

    Légendes  du pays.

    Et pourquoi pas bientôt

    De super- héros

    Ceux des bandes dessinées

    Les Mandrakes  et hommes araignée

    Qui nous serviraient

    De papier monnaie…

    Il y a quelquefois

    Dans les livres  d’images

    Des dames en corsage

    Qui mènent à la baguette

    Des pensées sauvages

    Pas celles qui sont en pot…

    Des belles plantes

    Le regard pas sage

    Le masque coquillage

    Au milieu des cascades

    Qui vous portent des regards

    Légèrement entr’ouverts

    A vous inviter

    A découper les pages

    RC –  2 octobre 2012

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  •     

    photo:  Lee Miller- Joseph Cornell

     

     

      Imagine encore 

    un esprit sans corps  :
            c'est davantage qu'un fantasme,
    pour entr'aperçevoir un ectoplasme...,

     

    >         tout ce qu'on invente :
    les tables tournantes ,
    et la convocation des esprits,
                           ( s'ils en ont envie ),

     

    Ils pourraient te parler
    -        ou garder leur bouche scellée     - :
    tout cela dépend
    de quelques ingrédients,

     

    ( et juste ce qu'il faut de mystère
    avec une cloche en verre )  :
                           les êtres trépassent,
                          mais le courant passe ...

                 

               La photo a surpris
    cet évènement fortuit :
            c'est un instant unique ,
    parcouru d'ondes magnétiques,

     

    leur parcours aléatoire ,
    avant qu'on puisse apercevoir
    son image :                  ( attention
    à la fragilité de la transmission ! ) :

     

    C'est le visage d'un enfant,
    apparu accidentellement :
                rien ne le rattache au sol,
         comme flottant sur le formol

     

    retenu par des tubes blancs :
            des vaisseaux vidés de leur sang,
    d'où ce visage indéfini :
    c'est ce qu'on appelle fort justement       " une vue de l'esprit ".

    -

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  •  

     

     

     

    Du jardin étoilé
    c'était un toit
    pesant son poids
    de ciel d'été
    de plusieurs atmosphères :
                un vide abyssal
    parcouru de mistral
    qu'une fausse lune éclaire,
    les nuées se déroulant furieuses ,
    loin du village immobile ,
    - et les fers du campanile - 
    vallée ténébreuse
    à la tranquillité factice
    pourtant inquiète et raide
    comme Le Greco peignant Tolède
    au bord du précipice .
    Des cyprès sont des flammes noires,
    que l'on entendrait crépiter
    défiant la réalité
    d'un paysage expiatoire.
                 Celui-ci n'est pas décrit
                 avec exactitude ,
    car la solitude
    de Vincent            est un cri
    emportant tout sur son passage :
             une nuit profanatrice
    jetant ses feux d'artifice
    juste avant l'orage
    et qu'elle ne vrille
    de ses grands serpents
    un ciel devenu dément
    au-dessus des Alpilles .

    -


    RC - juill 2017

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  • photo: Thierry Azam

     

     

    Il y a quelque part,
    des coutures mouillées,
    qui suturent les failles
    qui nous viennent de l'extérieur.

    Celui-ci m'apparaît haché,
    griffé de traits
    qui brouillent au regard
    une partie de la vision .

    Des arbres dressés défilent rapidement
    opposés à la lumière , se frayant un passage
    avec difficulté ,         en flashes rapides,
    à la façon d'éclairs stroboscopiques .

    Si c'était une gravure,
    il y aurait de grandes zébrures
    sur toute la surface
    contredite par des traits noirs.

    Derrière la vitre du compartiment,
    c'est une forêt de bouleaux
    happée par la vitesse,
    aux habits , de blancs rayés

    Une cathédrale végétale,
    qui semble bouger ,
    et dont l'image se brouille
    un peu plus sur le verre.

    C'est aussi un all-over
    d'obliques blanches qui progressent,
    le pluie fouettant le train
    comme un sarcasme.

    La forêt n'en finit pas:
    elle se prolonge indéfiniment,
    comme ce qu'on imagine
    des étendues immenses de Sibérie .

    L'âme accrochée aux traverses,
    aux fils électriques qui dansent,
    et toujours le paysage fermé sur lui-même ;
    à la manière d'une palissade ininterrompue.

    On ne peut même pas
    s'accrocher aux barreaux :
    l'exil est un voyage au coeur de l'hiver,
                 et c'est une saison qui n'en finit pas.

    -


    RC - nov 2017

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  • Mauvaise conscience - ( RC )

     peinture: Sydney Nolan

     


    A travers la fenêtre,
    le givre et un fond du bleu au vert,
    se colle à la vitre un regard .
    C'est un inconnu qui te surveille,
    la moitié du visage brouillée,
    - une sorte de prothèse de cerveau ,
    commandé par un câble électrique,
    une carte-mémoire au centre :
    un oeil artificiel, lourd de reproches
    enregistre tous tes mouvements :
    saturant l'espace,
    comme la mauvaise conscience ,
    qui s'invite chez toi.

    -


    RC - nov 2017    (  sur une peinture de Sydney Nolan )

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  •  

    peinture  Don Eddy    1977   "for C"

     

    Tu as devant toi
    du verre devant le verre,
    du verre à travers le verre.

    Les reflets se renvoient,
    brisés, et aussi rattrapés
    > C'est une matière
    virtuose et paradoxale
    affichant sa dureté et fragilité,
    on sent la lumière crisser .

    Une lumière qui n'arrive pas
    à traverser ou envelopper
    la coulée de silice.
    On a du mal à se situer
    dans ce all-over glacé
    qui semble repousser le regard.

    Car même si on sait
    de quoi est composée la matière,
    il y a du faux et de l'arrogance
    dans la coulée immobilisée
    d'une lave transparente .
    Elle se superpose à elle-même

    et les répercussions du néon
    avec leurs mille détails
    blessent presque l'oeil
    au point que l'on désire
    briser cet équilibre
    à coups de masse ...

    mais la vitrine se dérobe
    quand tu t'aperçois
    que c'est juste une peinture .

    -
    RC - oct 2017

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  • Résultat de recherche d'images pour "Personnages dans la nuit guides par les traces phosphorescentes des escargots"

    peinture: Joan Miró -Personnages dans la nuit guidés par les traces phosphorescentes des escargots (1940 )

     

    J'ai suivi les étoiles,
    et l'émerveillement d'un enfant
    voyant dans le firmament,
    les rêves reportés sur la toile,

    les animaux du zodiaque
    les femmes oiseaux,
    peintes par Miró ,
    un chant élégiaque

    imprimé dans l'irréel :
    Des figures bizarres,
    un vocabulaire de chiffres épars,
    majuscules et voyelles

    où des personnages se bousculent
    dans une curieuse constellation,
    couleurs joyeuses en éruption :
    des yeux, des triangles et des bulles

    Il y a quelque chose des Shadocks
    rien n'est rectiligne :
    ici, on parle la langue des signes :
    l'espace est ventriloque,

    On peut sauter à l'aise
    de planète en planète :
    la nébuleuse est stupéfaite
    et ouvre ses parenthèses

    par l'intermédiaire d'une marelle,
    où, dans un silence éternel,
    il suffit d'une échelle
    pour atteindre la case "ciel"...

    -

     


    RC - nov 2017

     

    Image associée

    Joan Miró:   Femmes au bord du lac à la surface irisée par le passage d'un cygne

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  • Fresco à San Antonio de la Florida - Tableau 2924

    Tout autour de la balustrade ,
    sont rassemblés des personnages 
    comme dans un tribunal:

    Ils semblent être dans l’attente 
    d’un évènement peu banal
    qui ne saurait tarder.

    Au-dessus, passent des nuages,
    et quelques anges ,     très sages..
    dans un paradis de stuc et de rocs .

    On ne sait d’où ils s’échappent,
    ni ce qui les dérangent 
    ou les provoquent .

    Tout ce monde se déhanche,
    en étoffes et effets de manches…-
    mais leur attitude se fige :

    Eveillés par le moindre bruit,
    leurs têtes, d’un même mouvement,
    se penchent brusquement …

    Leur regard me suit, mécanique ,
    de manière insistante et maléfique ,
    dès que je me déplace…

    Descendus du monde céleste ,
    ce sont comme des rapaces ,
    épiant chacun de mes gestes…

    Un regard de glace ,
    qui vous figerait le sang :
    immobilisés sur place …

    ce qui me ramène pourtant
    des siècles en arrière, 
    quand les trompettes altières

    résonnent dans l’arène : 
    – Voila donc l’aubaine
    semblent-ils se dire :

    une occasion rarissime
    pour convoquer les vampires
    et désigner la victime ….

    L’imagination accompagne presque
    le mouvement des ailes
    se détachant de la fresque .

    Ils vont trouver un motif
    pour aiguiser leurs griffes,
    et basculer dans le réel…

    Déjà, brillent des yeux noirs,
    que j’avais entr-aperçus …
    acérés et cruels…

    Oui, je n’aurais jamais dû
    entrer dans cette chapelle:
    une sorte de purgatoire

    En ce lieu, 
    où l’on chercherait vainement Dieu
    la porte s’est définitivement close .

    – …. c’est ainsi que fanent les roses …

    RC mai 2017

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  • Résultat de recherche d'images pour "torture morte duchamp"

    basé sur l'oeuvre de Marcel Duchamp " torture morte"

     

     

     

    Une nature morte qui n'est pas illusion,
    juste une découpe après dissection,
    proprement décousue,
    une nature morte toute crue

    celle que tu vois dans l'assiette
    ( un régal pour l'esthète )
    une nature morte qui pue :
    la vérité toute nue

    qu'on a mis dans une boîte
    un pied découpé ,entouré d'ouate
           détaché d'un corps
    idéal pour les amateurs ....

    Mieux que celui d'une momie :
    c'est un bout d'anatomie
    indécent         ( mais pas farouche )
        apprivoisant déjà les mouches :

    il fallait donc l'exposer
    au mieux,    dans un musée :
    on dirait presque un ready-made :
                  Ce pied est encore tiède

    On ne l'aurait même pas remarqué
    dans un cabinet de curiosités,
             - dans tout ce bazar  :
     le lard se confond avec l'art... -

    En patience,          la nature morte attend
              ( et elle a tout son temps ) :
    l'ordinaire peut s'avérer provoquant...
             demandez-donc à Duchamp ... !!

    -
    RC - oct 2017

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  •  2013_0414montpellier0252.JPG

     

     

    Les murs de Maguelone
    gardent       à l'intérieur,
    un espace qui résonne
    de fleurs de méditation.

    Quelques ouvertures
    dans l'épaisseur des murs
    font       comme des tableaux,
    où le paysage reste flou :

    Des ondes , dans l'épaisseur du verre,
              en couleurs de miel
    dessinent autant qu'elles déforment
    l'extérieur,     en formes fantomatiques,

    -       juste une allusion
    offerte à l'oeil
            comme à l'esprit
    vagabondant dans l'être .

    -


    RC - oct 2017

     

    Vitraux de Robert Morris à la cathédrale de Maguelone. ( les vitraux de Maguelone, -tout proche de Montpellier -  sont  de Robert Morris )

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  • _______________________________

     

     

     

    Portrait de femme assise à la robe verte - Pablo Picasso 1961

     

    C'est cette femme assise,
    dont on voit un bout de robe verte,
    où des visages (qui sont peut-être les siens,
    vus sous plusieurs angles ) ,
    se superposent ...

    Car ce sont les angles,
    qui interrogent le profil .
    Il se découpe,
    sur la rivière noire des cheveux :
    lourde masse chutant.

    Ce qui serait un chapeau :
    un tricorne étrange,
    sert d'encadrement au visage,
    dont l'expression se fige
    dans l'attente.

    Attente ou effroi,
    c'est ce qu'on ne sait pas,
    ni le comment ni le pourquoi,
    nous fixant à la manière d'un intrus
    tant le regard est dru.

    Noir, sans reflet
    ni état d'âme,
    interrogation des sourcils ,
    le corps semblant être là par erreur,
    a même avalé les couleurs .

    -


    RC - oct  2017

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  • sculpture: Urs Fischer – 2015

     

    Sur un fauteuil style Louis XVI
    sorti de chez l’antiquaire
    il y a les mains de ma mère
    ( qui auraient pu préférer les chaises ) ….
    Pour être plus précis dans le décor,
    celui-ci n’a rien de spécial,
    mais quand même, c’est pas normal…
    il y a juste les mains, pas le corps .

    Il existe peut-être,
    mais dans l’au-delà :
    – en tout cas on ne le voit pas – :
    ça a l’allure d’un spectre
    qui voudrait se faire inviter
    pour partager le dessert
    avec mon frère
    à l’heure du thé :

    C’est une sorte d’ambassadrice ,
    qui ne s’encombre pas d’apparence
    et joue sur la transparence ,
    ( sauf pour ses mains lisses )
    Elles n’ont rien de squelettiques ,
    pleines de jeunesse,
    elles sont d’une tendresse
    bien énigmatique….

    Ces mains , d’une autre époque
    se posent doucement ,
    plutôt affecteusement ,
    quand c’est le « five o’clock » ;
    – toujours avec exactitude – ,
    avant bientôt, de s’évanouir
    comme un tendre souvenir
    ( un rendez-vous quotidien, dont j’ai pris l’habitude ).


    RC – juill 2017

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  •  

     

     

    peinture: Paul Delvaux

     

     

     

    J'entends le silence,

    comme un souffle en négatif,

    ..                 et c'est la nuit.

    Evidemment la musique est toujours là.

    Mais elle a été prélevée, et se trouve ailleurs

     

    en-dehors de la ville,

    dans une petite pièce

    où deux femmes en miroir lisent un petit livre,

    accompagnées dans leur pensée

    par la mélodie du chalumeau.

     

    ( vous savez, cette toute petit flûte

    qui a accompagné

    la traversée de l'eau

    dans l'histoire du musicien d'Hamelin

    entraînant avec lui rongeurs, et enfants ) .

     

    Ici c'est un homme 

    en grand manteau rouge

    comme sorti 

    d'une peinture allemande.

    Une étrange lueur nimbe les lectrices .

     

    Une fausse perspective,

    au sol en damiers rigides

    curieusement ouverte

    permet pourtant aux roses

    de s'épanouir,       malgré l'obscur.

    -

     

    RC - oct  2017

     

     

     

    (  d'après une peinture de Paul Delvaux )

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  • A la façon d'un voile, jeté sur nos yeux

                                                                                    montage peinture & sérigraphie: Robert Rauschenberg  "Retroactive"  1964  Mus of Modern Art - NY C

     

    Maintenant tu concrétises,

    ce que les souvenirs ont,

    et l'histoire allant avec ;

    aussi bien le cosmonaute

    évoluant prudemment dans l'espace,

    qu'une radiographie du torse,

    le portrait de Kennedy

    ( avec sa main, sérigraphiée par deux fois ),

    des panneaux de circulation "one way",

    des néons d'une publicité lumineuse,

    une photo d'une manifestation

    - un souvenir confus -

    au point que tu pourrais l'effacer,

    ou la recouvrir par une autre.

     

    En fait, ce ne serait pas un inventaire précis :

    la mémoire aurait quelques manques:

    chaque réminiscence,

    transposée en image,

    se fondant volontiers dans les autres,

    de la plus marquante

    ( comme pourrait l'être une manchette en gros titres)

    à la plus banale.

    Si certains cherchent des précisions,

    un sens caché,

    ils auraient beau gratter,

    ils ne trouveraient que peu d'indices,

    ou alors, une simple accumulation :

    à la façon de strates archéologiques .

     

     

    Isoler chaque détail,

    le disséquer,

    en connaître sa substance,

    ne servirait pas à grand chose,

    d'autres éléments

    - comme dans un rêve -

    venant immédiatement remplir les vides,

    ou se superposer aux autres .

    On se demande d'ailleurs

    si le visible n'arrive pas à se fondre,

    avec l'invisible,

    à l'instar d' évènements,

    destinés à retourner à l'oubli :

    la statue de la liberté

    à peine visible dans le noir,

    et le transfert de l'encre

    aussi illusoire qu'un voile,

    jeté sur nos yeux .

     

    A la façon d'un voile, jeté sur nos yeux

    - RC - sept 2017                                                      sérigraphie: Robert Rauschenberg  "Statue de la Liberté "  1964

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