• Résultat de recherche d'images pour "picasso light painting"

    photo     Gjon Mili

     

     

    La caméra est immobile,

    le studio est sombre,

    elle  n'enregistrerait que  l'absence.

    Mais dans l'obscurité tu peux voir 

    un point lumineux qui se déplace,

    et dessine;         à la place  d'une  craie,        danse

                 un personnage  dans  l'espace.

     

    Picasso est à l'oeuvre,

    et de ses mouvements

    un minotaure  s'élance ,

    sans le support d'une feuille

    ou d'une  toile.

     

    Les gestes s'envolent,

    et se précisent,

    en quelques minutes seulement.

    Imagine qu'une  colombe  blanche

    par le seul battement  de ses ailes

    laisse une  trace

    persistante au fond  de la  rétine...

     

    Résultat de recherche d'images pour "gif animé colombe"

     

    -

    RC- mars  20

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  • Des corps au bois - ( RC )

     

    art: relief sur  bois de D Dewar - Gr Giquel.              Biennale d'art contemporain de Lyon  2019

     

    -

    C'est un panneau en bois, bien épais, 

    que l'on imaginerait

    comme une porte  de placard :

     

    on n'en voit qu'une part.

    C'est  du chêne  sculpté

    où des imprudents se sont  aventurés

     

    sans se douter

    qu'ils en seraient sculptés.

     

    Ce sont des torses musclés

    comme fossilisés

    que l'on a retrouvé

    des bras redoublés

     

    et même un pied

    que l'on voit de face:

    du bois il dépasse

    de la gangue  épaisse

     

    tout comme ces fesses

    n'allant pas par paires,

    que l'on énumère.

     

    On se demande comment

          par conséquent

    le corps bancal

    dans sa présence  sculpturale

    se multiplie ou se dédouble .

     

    C'est que la vue se trouble

                                     au fil du temps

    certains éléments sont manquants :

     

    il faut aller  les  chercher

    de l'autre  côté

                                 comme le géologue

    à la recherche  d'éléments analogues.

     

               Quel est donc le bon endroit ?

    -         de l'autre  côté  du bois ?

    On connaît à peu près son aspect,

    mais  comme on le sait,

    même chantourné,    il n'est pas transparent,

                    indifférent aux  faux  semblants .

     

    Tu verras des torses masculins

                            et aussi des seins

                   - guirlande et farandole -

    sans  pour autant qu'ils  flageolent

            appartenant à ces mâles.

     

    Vient se poster un animal

    ( en surexposition où on ne l'attend pas ) :

    c'est donc un poisson plat .

     

    Il ne semble pas  étonné

    de se retrouver immobilisé:

    fossile habité,      de bois poli

    intégré à cette chorégraphie.

     

    Des corps au bois - ( RC )

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  •  

    Résultat de recherche d'images pour "francis bacon innocent X"

    peinture:    Innocent X, par  Francis Bacon, et Diego Velasquez

     

     

    Installé  dans  ce fauteuil sévère,

    ce personnage  drapé  de rouge

    vomit  toujours ses imprécations

           sur le fond sombre de l'histoire.

     

    Le portrait que fait Vélasquez

    du pape Innocent X

    est celui d'une  figure  de pouvoir,

    peu porté sur la plaisanterie.

     

    Son oeil pointu a quelque  chose

             de l'un des tortionnaires

    des 120 journées de Sodome,

    coupant comme  rasoir.

     

    On ne sait plus si cette image

    est fidèle        à l'homme

    qui s'assit dans ce trône

    à cette  époque

     

    mais aujourd'hui c'est son écho

    à travers les peintures de Francis Bacon

    qui nous parvient,

    hurlant , bouche grande ouverte,

     

    au point  que            le cri

    traverse tellement la toile

    qu'il en efface le côté humain, 

    puis les traits  de son visage .

     

    A la façon de celles  du piranha,

    les dents sont  carnassières,

    le gouffre noir de la gueule,

    prêt à nous avaler.

     

    De celui de Munch

    au film du Cuirassé Potemkine,

    l'obsession du cri habite l'artiste,

    hante son oeuvre et notre époque.

     

    Les dictateurs de notre siècle 

    ont ce quelque chose,

    qui rappelle les anthropophages :

    ce sont des prédateurs

     

    assoiffés de pouvoir

    et de sang,

    incrustés sur leur  trône,

    sangsues de l'humanité.

     

    -

     

    RC - dec  2019

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  • Contempler nos défaites - ( RC )

     

    Que  reste-il du passage  de l’ange,  

    une  fois qu’on a ramassé  

    ce qui traîne  :   quelques objets,

    fragiles et ternes ? :           des débris

    auxquels  on n’aurait pas prêté attention ,

     

    Ainsi nous questionnent  ces traces de combat :

    ces cicatrices

    et   végétaux desséchés

    suspendus :           ( des corps oubliés

    dans des boîtes de verre, sur un fond gris ).

     

    C’est la terre qui se replie

    sur elle-même.

    Elle  a soif  d’humanité et se craquelle.

    Sous les gravats pointent des fers ;

    membres tordus de douleur

     

    lançant de vains appels

    dans l’écrasant silence ,

    que les reliquaires

    conservent , à la façon de fleurs mortes

    entre les pages d’un vieux livre...

     

    On peut procéder à la pesée des âmes,

    on ne sait qui tient la balance,

    puisque les plumes y sont  plus lourdes 

    que l’argile , que les mottes  de terre

    d’un pays qui meurt.

     

    C’est peut-être ce qui subsiste

    après la bataille:

              quelques restes rouillés

             plantés dans l’étendue

             d’un désert calciné .

     

    On ne se confronte pas à l’Ange:

           c’est une figure vengeresse,

           venue de l’Apocalypse:

    d’un passé, il a fait table rase :

    on ne retourne pas au  paradis perdu :

     

    Le monde est à refaire,

    un oeuf  intact 

    en marque l’origine,

     mais personne ne sait 

     

            s’ il abrite un serpent.

    Contempler nos défaites - ( RC )

     

    ce texte  est issu de l'impression de l'exposition d'oeuvres de Anselm Kiefer 

    au couvent  de la Tourette, près de Lyon. (photos perso hors flyer )

    Contempler nos défaites - ( RC )

     

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  • image.png

     photo: Frantisek  Drtikol

     

     

     

    Une sainte a détourné son regard

    des images pieuses,

    de l'autre côté du miroir.

     

    Est-il sans tain,

    elle, dont le regard réfléchi

    se transforme en négatif ?

     

    Le chapelet dans les mains

    devient cette cordelette

    où les prières qui le symbolisent

    sont autant de maillons

    d'une chaîne invisible .

     

    Doit-on comprendre

    qu'elle en est prisonnière ?

     

     

    Le miroir efface d'un coup

    la robe de bure,

    et l'austérité des gestes.

     

    Notre sainte s'en accommode

    comme dans les peintures baroques,

    et ce qui est ombre

    rayonne d'une lumière indéfinie ,

    semblant palpiter de l'intérieur.

     

    Elle modèle le corps

    comme le ferait le sculpteur

    de son volume de glaise.

     

    La vie en sourd , palpable ,

    comme celle des pulsations cardiaques.

     

     

    C'est une transformation

    qui s'opère à mesure

    que les sels d'argent

    cristallisent cet enchantement

    dans le laboratoire du photographe.

     

    - RC- dec 2019 

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  • 099-1930  la joconde aux cle¦üs mona lisa with the keys .jpg

     

    peinture: Fernand Léger Mona-Lisa aux clefs – 1930

     

    La Joconde est sortie des nuages.

    Elle a l’air bien songeuse ,

    et s’est détachée , ténébreuse,

    en partie, de l’image.

     

     

    On connait  mieux  la peinture  de Léonard

    que  celle  de Léger

    ( elle  a depuis,  perdu ses clefs ) :

    celles  qui ouvrent  la porte  de l'art.

     

    Oublié  le  sfumato,

    et  voici la  danse des lignes,

    des cercles  et des signes,

    qui parcourent  le tableau.

     

    Elle  est comme une image pieuse,

    --   vous  voyez bien,  comme  celles

    qu'on trouve  dans les pages  du missel

    ( une icône,  et des plus fameuses ).

     

    Qui, malgré  son caractère  profane,

    et son décor imaginaire,

    est célèbre sur la terre  entière .

    Ce modèle  est juste une  femme :

     

    Il en est ainsi,

    mais,  toujours  elle  attire

    Les foules  avec son sourire :

    Ce sacré Vinci

     

    En peignant cette  demoiselle

    Ne pensait pas en faire une  star

    de l'histoire  de l'art   ;

    -       mais,  retour  dans le  réel:

     

    Même  sortie  de la toile,

    c'était peut-être une  sainte

    telle  qu'elle  était peinte,

    ayant égaré  son auréole, ou son étoile.

     

    En attendant de la retrouver

    - elle n'en a pas fait le deuil -

    elle  vous  adresse un clin d'oeil

    ce qui était plutôt osé, en ces temps  reculés.

     

    On dit bien que  tout  se retrouve 

    et rien ne se perd, mais jamais elle ne désespère

    bien que prisonnière,

    du Musée du Louvre.

     

    Si Duchamp la  renomme,

    et lui met des moustaches,

    que personne ne se fâche,

    ce pourrait être un homme !

     

    En dehors de son cadre lourd, on pourra la voir

    en illustration banale

    imprimée  en cartes-postales

    sur les présentoirs.

     

    Quelle  est donc  l'énigme de cette peinture ?

    Et avec elle, la clef  du mystère,

    Où se trouve la serrure ?

    ...   en conjectures  on se perd.

     

    Ayez en tête cet évènement  fortuit,

    qui posa plein de questions:

    Une machine à coudre, sur la table d'opérations,

    et Mona cachée  sous le parapluie  ...

     

    -

     

    RC - juin  2016 le parapluie .. – RC – juin 2016

     

     

    102-1932  la composition au parapluie the composition with the umbrella .jpg

    the composition with the umbrella .jpg penture:

     

    Fernand Léger – composition au parapluie 1932

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  • Photo  Christian Reisler

    courir, courir  dans la nuit  -  ( RC )

    Courir,             toujours  courir

    dans la nuit  réglisse

                 le pied  léger

    alors  que la nuit  glisse

    toujours en devenir

    sur l'asphalte mouillée.

     

                   Sais-tu seulement 

                  où tu te diriges ?

    c'est le temps  compté  qui inflige

                le mouvement automatique, 

    où tes jambes te portent

    à travers la ville  ;

     

    vas tu semer tes poursuivants

    avec ce pas agile ,

    en cet instant de panique ?

    à moins qu'avec audace

    tu ne fasses demi-tour

    tu leur fais face :

     

    acte  de bravoure

    ou bien eux en retour

    se sentent poursuivis :

     

    à chacun son tour

    de tenir dans ses mains

    une partie  de la nuit

    malgré la pluie  et le crachin

    qui tombent  toujours,

     

                        et toi tu cours

                          ... eux aussi

     

    Personne ne sait exactement

    quel est le poursuivant

    et le poursuivi

    - ni ce qui le motive -

    en définitive:

     

    peut-être  n'y a-t-il pas plus de but

    que l'ultime  chute

    quand le matin efface

    toute trace d'angoisse

                        ( c'est que le non-dit

                          n'est pas inscrit

                           sur la photographie )

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  •  

     

    Tous groupés dans une  salle,

    une lumière chiche rebondit sur le cadavre,

    malgré les corps des hommes

    qui se penchent  sur lui,

     observateurs indiscrets,

     comme pris  en photo malgré eux,

    penchés sur une mécanique

    cachée parmi les vivants.

     

    La peinture de Rembrandt

    n'est pas qu'une  surface

    où se distribuent  savamment

    les personnages sortis de l'ombre,

    répartis en demi-cercle

    autour du gisant.

     

    C'est une  vision au scalpel,

    où le pinceau même

    semble  retenir le bras du mort,

    alors  que  s'échangent  

    les regards  des assistants

     vaguement  coupables

    d'empiéter  dans un domaine tenu secret .

    Leurs regards sont inquiets,

    vaguement fuyants.

     

    Celui qui prend  des notes

    a l'air pris  en faute:

         - est-il permis de franchir les interdits,

         de faire que la connaissance

         pénètre dans le royaume

         où la mort a immobilisé les  choses  ?

     

    C'est une  "nature morte"..

    qui n'en est pas une,

          et nul ne  s'étonne

          que le bras ouvert

          semble  celui d'un autre,

    si on  pense que la main 

    n'est pas  dans sa position naturelle.

     

    La "leçon d'anatomie"

    a plutôt l'air d'un collage.

              Son aspect pédagogique

             paraît une mise en scène

             dans une pièce grise,

    - peut-être la sacristie  d'une  église

     

    ( si on observe la retombée des voûtes) -

                qui n'a rien d'un espace

                dédié à la dissection,

    comme les personnages en costume 

    dont les fraises blanches

    rythment le tableau.

     

    N'oublions pas l'épais livre,

    ouvert dans le  coin droit.

    C'est comme un vieux grimoire ;

    un ouvrage où sont  consignées

    toutes  sortes  de choses:

    des procédés, voire des recettes

    comme en possèdent

    - à ce que l'on suppose -

    sorciers  et alchimistes .

     

    En fait, c'est une  allégorie,

    et l'exercice,

     ( la leçon chirurgicale )

    est une  de ces  "vanités",

    comme on aime  en peindre à cette  époque,

     sur le rapport du vivant

     avec ce qui ne l'est pas,

    sur le présent,

    et sur ce qui a été :

     

    Même si on en parcourt l'intérieur,

    découpe  les membres ,

    sonde la peau et les viscères,

    il manque  toujours  quelque  chose

    pour que la mécanique

    se remette en route :

     

    c'est une méditation

    sur la fragilité de la vie :

     le corps devenu inutile,

     et l'âme  évanouïe...

     

    -

    RC - août  2019

     

     

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  • expo  A Giacometti-  musée Maillol     l'homme qui marche    14.JPG

    photo perso – Alberto Giacometti: l’homme  qui marche ( son ombre).

    exposition au musée Maillol – Paris  2018

    Vois cette silhouette
    découpée dans la solitude.

    D’un pas décidé, elle progresse
    vers quelque chose qu’on ne voit pas.

    On ne sait si elle avance
    ou reste sur place :

    Il y a ce corps projeté en avant,
    ce pas tendu ,et pourtant

    les pieds englués au sol,
    entre futur et immobilité .

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  • un paysage ordinaire ( Mark Rothko )

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    C'est un paysage  ordinaire,

    sans  autre relief

    que la lumière,

    bue par la toile ,

    ou bien inversement

    s'il en émane

    le feu de la couleur :

    elle semble  en sourdre,

    C'est un silence 

    que l'on ne peut entendre,

    inouï,

    au sens littéral.

    Et ce paysage,

    si c'en est un,

    absorbe toute parole ,

    et le poème est vain

    face au mur

    gigantesque du tableau

    qui émane  des abysses,

    ou nous y entraîne .

    -

    RC

     

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  • L’image contient peut-être : 1 personne

    peinture: Peter  Sengl

     

     

    Frida et Frida,

    double portrait mécanique,

    chacune  se tient  par une manche, 

    symétrique  sans  l'être,

    sur  un fond plombé:

     

    jumelles où les mains  s'absentent,

    liens fragiles entre les veines,

    crissement des attelles métalliques

    tiroirs ouverts où le coeur épuisé 

    ne saigne  qu'avec peine .

     

    Posent-elles

    comme ces princesses

    de l'ère d'Elisabeth la première,

    scrutant l'avenir ,

    figées dans la souffrance ?

     

    -

     

    RC - juill  2019

     

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  • photo perso - mai 2019   

    photo perso - Clermont-Ferrand

    Ceux qui  naviguent  dans  l'azur,

    savent aussi que la mer

    n'est pas  toujours bleue.

    Elle a ses fureurs  d'écume,

    et sous une  apparence aimable,

    a cette profondeur noire,

    repoussant les effets de lumière,

    et reflets de ciel

    comme s'il s'agissait 

    d'une écriture maladroite

    sur la page de garde

    d'un livre revêche

    décidé à ne pas livrer ses secrets .

     

     

    Pour ma part,

    j'ai traversé des rouges

    qui dansent,

    flottant  dans  l'espace

    comme des oriflammes .

    Des rouges cerise aux vermillons ,

    en presque bruns ,

    et parfois pourpres ,

    Ils n'ont  rien de tragique ,

    et palpitent aux vents,

    ils ne cherchent pas de point  d'ancrage ,

    se lovent  dans les images,

    les photographies, 

    les peintures de Delacroix .

     

     

    C'est comme une respiration,

    ou le jaillissement  d'un cri,

    un coup de cymbale,

    avec de temps  en temps

    ses creux ombreux,

    qui laissent  supposer

    qu'il se passe quelque chose

    sous la surface .

    Mais c'est  toujours fugace,

    et il faut être juste là au bon moment

    pour sentir cette palpitation,

    pour essayer de capter

    l'instant où la couleur se révèle

    et se démultiplie à mon regard.

     

    -

    RC-  mai 2019

       

     

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  • Ce monstre familier - ( RC )Paolo Uccello - Saint Georges et le  Dragon

     

    C'est donc ce monstre familier,

    que l'on promène  en laisse..

    Présente-t-il un danger ?

    Alors, ma princesse,

    serais-tu en détresse ?

    ( il n'a pas l'air de vouloir te manger )...

     

    Mais pourquoi piétine-t-il 

    si sauvagement ,

    cet être imbécile

    les parterres de mon jardin

    alignés bien sagement ,

    - et avec le plus grand  soin ?

     

    Voila venu fort à point

    St Georges  sur  son cheval,

    qui s'élance,

    et en un tour de main,

    transperce l'animal

    d'un terrible coup de lance !

     

    Il se peut  qu'on se demande

    d'où vient ce cavalier

    surgi de nulle part ,

    ce saint aventurier,

    nécessaire à l'histoire

    si on en croit la légende .

     

    On ne sait ce qu'en pense la reine,

    elle semble parader dans son salon :

    ( on dirait qu'elle  s'en fiche,

    indifférente à la scène ):

    elle ne s'était pas aperçue que son caniche

    s'était transformé en dragon .

     

    Ce sont des choses qui arrivent

    quand on pense à autre  chose ,

    même encore de nos jours :

    les idées dérivent

    et suivent un autre  cours...

    Ah,     si j'avais  cultivé  des roses !

     

    Je n'avais pas vu venir

    ce terrible nuage sombre

    annonçant l'éclipse...

    Je convoquerai à l'avenir,

    le cavalier  de l'apocalypse ,

    pour que le jour repousse l'ombre .

     

    Uccello nous le dit en peinture,

    - on a évité de peu l'orage

    dissimulé derrière la forêt ,

    -  Mais de cet épisode, que faut-il en conclure ?

    cette image  a quelque  chose  de suspect

    quelque peu invraisemblable :( on dirait un collage )...

     

    -

     

    RC -  avr  2019

     

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  • sur une  sculpture  d'Antoine Bourdelle ...

     

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  •  

     

     

    Le limon noir de ma nuit

    Peinture: Pierre Soulages

     

     

     

    S'il faut plaquer  sur une  toile  

    le limon noir de ma nuit,

    je me sens  prisonnier  de  la matière,

    trop opaque pour 

    que j'échappe à sa consistance.

       

                 Le corps est trop léger,          ou trop frivole,

    - je ne peux laisser mon empreinte

    dans  ce noir qui m'ignore -  .

           Je ne traverse pas les  énigmes 

           les  paupières  closes,

    je n'en ai pas le pouvoir :

    la vraie  clarté se trouve  en intérieur,

    la surface a des reflets trompeurs .

     

            Il faudrait que  je la griffe,

    mais la nuit  ne se tient  pas  debout

    et ignore mes traces.

    De même,        avec ma plume,  je pourrais 

    tenter  d'écrire  en fermant les yeux,

    prendre  d'assaut des ponts de silence,

            mais ce serait sur une page  obscure,

    sa consistance même  , buvant l'écriture

     

    alors, je laisse  les choses où elles sont,

    j'ignore les  détails et les bruits .

         J'ai besoin de retrouver les couleurs  enfouies.

    Elles ne sont pas perdues .

    Un peu de lumière les  restituera.

                                                                   J'attendrai.

     

    -

    RC-  avr   2019

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  • Elliott  Erwitt  autoportrait

     

     

    Le photographe se regarde

    et s'étonne de se retrouver

    sur le cliché ,

    ( l'appareil face au miroir ),

    lui qui aurait voulu

    se fondre  avec le mur,

     

    se camoufler dans la nature,

    se fondre dans une  autre personne,

    sous le masque peint  du clown,

    en quelques traits charbonneux , 

    les sourcils levés

    d'un étonnement feint ;

     

    et le nez qu'on imagine

    en boule rouge,

    mais la photo ne le dit pas. 

     

    On ne sait si Elliott Erwitt

    se travestit ,

    à la suite de ses portraits de chien

    ici , en dalmatien,

     

    si c'est d'humour

    ou de surprise

    d'appartenir à une lignée

    qui fait le lien

    avec l'animalité ,

    la  dérision et la tragédie :

     

    la pose est volontaire

    mais le regard  acéré

    a cette inquiétude

    de celui de Rembrandt

    quand il témoigne

    des années qu'il traverse .

     

    L'instantané photographié

    révélant peut-être 

    autre chose à son auteur

    qu'une mise en scène comique .

    Son visage  en serait l'enjeu,

    le nôtre pourrait aussi l'être .

    -

    RC- mars  2019

     

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  •  

     

    peinture: Paul Klee : les coups héroïques

     Image associée

     

    On ne sait pas exactement ,

    s'il s'agit d'une énigme à résoudre ,

    s'il faut suivre des pistes ,

    qui s'égarent dans la peinture ,

    si on doit se frotter à la matière,

    rugueuse au premier abord,

     

     

    et qu'il faut caresser,

    à la manière du vent ,

    qui finit par éroder

    les rochers les plus drus .

     

    Des lignes se croisent,

    ou prennent

    un malin plaisir à s'éviter,

    basculées dans un paysage incertain.

     

    Certaines sont effacées ,

    ou conduisent à des formes

    surgissant de nulle part ,

    dans les tableaux de Klee.

     

    Faut-il y voir une facétie ,

    ou des tracés

    qui supposent

    que l'on aborde

    dans un monde

    où les règles se courbent

    dans un langage

    qui nous est inconnu ,

    et pourtant familier ?

     

    Sa fraîcheur

    nous mènerait plutôt ,

    dans une sorte de réminiscence,

    où les lignes s'élancent

    dans le jardin de l'enfance :

     

    il convient de s'y plonger

    comme dans une aventure

    chaque fois renouvelée,

    sans chercher à la décrypter .

     

    - RC - nov 2018 -

     

    texte basé sur celui d'Henri Michaux, - voir ci-dessous

     

    Une ligne rencontre une ligne.

    Une ligne évite une ligne. Aventures de lignes. (...)

    Pour entrer dans ses tableaux et d'emblée (...),

    il suffit d'avoir gardé soi-même la conscience de vivre dans un monde d'énigmes,

    auquel c'est en énigmes aussi              qu'il convient le mieux de répondre". 

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  •    Résultat de recherche d'images pour "picasso flutiste"

     

      Un flûtiste ,             un torero

           une pipe ,             un matelot,

           une  chèvre  équilibriste,

    ( de format cubiste  )  ,

    des visages au regard insondable,

    qui n'ont pas l'air aimables .

     

    -     Je revois Jacqueline

    traversée par des lignes  -

    ...    et ce qui relie

    le peintre à la vie   , 

    obsédé par son sujet

    qui reste pourtant muet .

     

    La multitude des variations

    semble en prendre possession

    quand il le campe

    sous la douleur d'une  lampe :

                -   si on prend le cas

    du bombardement de Guernica ...

     

    ce n'est pas pourtant l'esthétique

    des instants tragiques

    qui nous remue,

             mais les angles aigus

             qui nous transpercent

    et nous agressent

    ou le crissement de couleurs  crues

    à l'assemblage incongru .

     

           C'est comme un vocabulaire

                 ou une liste à la Prévert

                 Un flûtiste ,               un torero

    Une bouteille,      des papiers journaux,

            des poireaux,      des oignons,

           et les yeux vides d'un poisson

     

    ( ces choses bien ordinaires,

    ne cherchent pas à plaire :

    mais leur assemblage  étrange,

    quelque part,  dérange )

    comme ce paysage méditerrannéen

    aux accents lointains ,

    où  les couleurs piquent

    davantage que sous les tropiques...

     

    Il semble  que le peintre expie

    toute une tragédie

              quand il multiplie

              presque à l'infini ,

    la brisure des miroirs,

    et la distance qui  sépare

    d'une  façon  irrationnelle

           le peintre et son modèle.  

     

    Ce baiser         était-il un brasier

    mordant aux lèvres de l'aimée ,

    et le regard perdu dans le lointain,

    condamné      une  éternelle faim ?

     

    -

    RC - nov  2018

     

     

    ( c'est une  "variation-digression", sur le texte de Susanne Derève, qui suit....)

     

     

       

    Résultat de recherche d'images pour "Picasso paysage méditerranéen"

    P Picasso           Paysage méditérrannéen

     

     

    SD   :    l'homme  au chapeau

     

     

    Un flûtiste un torero

    une pipe un matelot

     

    L'homme au chapeau avait-il une jambe

    de bois

    L'homme aux jambes croisées n'en avait pas

     

    Un  baiser

    qui mordait aux lèvres bien-aimées

    La femme au long museau avait une oreille

    de trop

     

    Une queue de cheval

    à l'eau

     

                       Et puis ce corps abandonné

                       dans l'ombre douce d'une estampe

                       et qu'à la lueur d'une lampe

                       on devinait …

      

    Jacqueline au cou de girafe

    frêle Cléopâtre en carafe

    Jacqueline ornée pour la fête

    Jacqueline nue pied en tête

     

    Arlésienne  de pacotille

    Espagnole à la mantille

    A woman in a green dress comme à confesse

     Sous toutes les coutures

    un peintre et son modèle

    Des coutures, il ne garde qu'elles

     

    Une trapéziste, un elfe qui glisse

    La Californie on quitte Paris

     

    Un vieux mousquetaire et son reliquaire

    Female bodies new discoveries

    Une queue de cheval

    Pour aller au bal

    Et un caraco

    Couleur menthe à l'eau

     

    Et puis ce corps abandonné

    Dans l'ombre douce d'une estampe

    Qui dans la tiédeur de la lampe

     

    Me regardait ...

    --

     

    Résultat de recherche d'images pour "Picasso baiser"

     P Picasso   le baiser

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  •  
     

     
     
     
    peinture:           Jan Jansz van de Velde III – nature morte avec verre de bière
     
     
    Le parfum,
    confident de la lumière,
    S’attache aux volumes des objets,
    Et ceux-ci résonnent d’accords particuliers,
    Posés de touches de couleur ,
    Frottées et qui se recouvrent ,
    Selon l’aube de nos regards ,
    Et d’abord celui du peintre     .
    …. une présence extraite à leur mystère ,
    Par un rayon de lumière ,
    Posée sur les cuivres ,
    Et les transparences des verres ,
     
    Jouant discrètement leurs feux d’artifice ,
    Parmi les fruits disposés là ,
    Presque par hasard ,
    Offerts au sanctuaire de leur fraîcheur ,
    L’écho des pommes et des oranges ,
    Juxtaposant leurs courbes ,
    A la Sainte-Victoire d’une blancheur plissée ,
    Crayeuse et silencieuse ,
                                Nappe soumise
    Aux ombres ovales du compotier.
     
     
    RC      –  juin 2013
     

    peinture: P Cezanne , nature morte aux pommes et compotier            1899.         Musée du Jeu de Paume   Paris

     

     

     

     

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  • Image associée

    Dessin :  René Magritte

     

     

          Vous allez voir debout,

    image tatouée de lune,

            la statue de chair ,

    qui vous offre ses pommes ,

    ( un visage dressé sur les jambes,

    jaillissant d'un cou,    d'une  colonne  ).

     

         Son sourire est vertical ,

    et pourvu d'un nid,  soyeux .

         Il avale les oiseaux de passage ,

    qui oublient la prudence,

    et deviennent une proie

          quand ils s'endorment .

     

    La chevelure est embrouillée ,

    et a l'allure d'un  buisson sauvage,

    diffusant ses essences 

    aux vents  chauds  de l'été .

     

    Elle impose sa loi    par son sexe ,

    et son regard a les aréoles pointues ,

    qui font croire aux hommes ,

    qu'ils en sont conquérants   :

         -  ils se disent pourvus

            d'un solide appétit   .

     

    Mais la faim est vite repue ,

    et les voila bientôt assoupis ,

    alors que d'abord ,  elle se nourrit d'eux ,

    à  chaque fois  rendue plus forte  .

     

    Une ogresse à l'apparence aimable,

             mais froide , 

    qui dissimule ses serres,

    comme un félin, derrière des mains douces ,

    peut-être  l'avez vous déjà vue

    au détour  d'un chemin ,

     

          elle  vous offrira ses fruits  .

     

    Résultat de recherche d'images pour "magritte apple"

     "Avis aux croqueurs de pommes"

    -

    RC - aout 2018

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