• une  aquarelle  à la Mondrian - ( RC )

                                                      Aquarelle  perso  d'après Mondrian

     

     

     

    Aujourd'hui j'ai un peu de temps,

    je me sens pousser des ailes...

    - si je peignais l'aquarelle

    que tu attends ...?

     

    Ce pourrait être  un paysage  fleuri,

    un morceau de nature

    sous un ciel d'azur,

    une vue du Mont Fuji

     

    Mais je délaisse le côté oriental

    pour la  campagne  provençale...

          ...J'imaginerai l'été

    avec des teintes  bleutées.

     

    Ça pourrait être le matin

    tout en couleurs  froides

    posées  sur les  façades

    et quelques  touches  de brun.

     

    L'air sera transparent,

    il n'y aura pas de vent,

    je superposerai en couches fines

    quelques  collines.

     

    Tiens,        voici quelques  cyprès

             dans les  gris-bleu et violets

    surgissant du néant !

           - à la manière de Mondrian - ,

     

    ... rien de romantique

    dans le rythme irrégulier

    des peupliers

    et ces lignes  obliques.

     

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  • peinture : Kees Van Dongen

      Litho  d'après         " l'amazone"                             Kees Van Dongen - 1930

     

    --

     

           Une amazone

    à la lisière du bois,

    des cavaliers

    que l'on ne  voit pas...

     

    Une biche,       un cerf

    ailleurs,           aux abois.

              Une amazone

    qui pose en pied

    devant le peintre,

    au regard  sévère :

    j'imagine à ses pieds,

    un sanglier...

     

    La chasse à courre

                           et à cors :

    un bois de velours

    sans l'ombre de la mort

    à contre-jour:

               c'est pour le  décor .

     

    Diane est chasseresse;

    elle  tient  la  cravache,

              tout en sveltesse,

    en oublie la chasse ;

    -      mais ses bottes de cuir

    lui vont à ravir...

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  • Diebenkorn Coffee

    peinture:                  Richard Diebenkorn

     

    Vêtue d’inachevé,

    ce n’est pas ton visage

    qui émerge de l’eau,

    et ton rire blessant la toile .

    Ta peau est fluide,

    et personne n’écope,

    les éclaboussures

    étoilant ta robe .

     

    Tu émerges juste de la couleur :

    Il suffirait de presque rien,

    pour que tu retournes

    dans l’anonymat

    ….      – te diluant dans les glacis,

          et les coulures ,

    dissimulée par les larmes,

    de la peinture:

     

    Celle-ci n’est pas sèche ,

    et colle encore aux doigts.

    Il y a, sur eux

    comme une saveur marine…

    teintée d’essences :

    C’est une apparition :

    –       sous les pinceaux,

             j’assiste à ta naissance .

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  • Esquisse  d'un ange - ( RC )

    Peinture-pastel : Thierry Tillier, auteur, par ailleurs de "23 esquisses de l'ange"



    Quelque  chose s'épuise  dans  les  esquisses.

    Sur un fond mal défini , un modèle  se glisse :

    une figure de danse...

    Le personnage vide de  sa substance,,

    se tient  en équilibre  -

    traversé de gris et de vert.

             Qu'un trait blanc  l'enserre,

             le voilà translucide.

     

    Le fond se métamorphose,

    efface les ailes ...

        à peine teinté  d'un rose

                  un peu artificiel.

    L'esquisse marque  l'hésitation 

    jusque  dans  les  franges ,

    le contour de la vision...

     

    était-ce  donc un ange

    que l'on prive de ses ailes

         pour le sertir

            de couleurs pastel,

                bleu saphir,

                    vert de gris,

    gestes  effacés

    avec frénésie,       qu'en dépit de tout

             tu essaies de préciser...?


    RC

     

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  • Afficher l’image source

     Sculpture: "oiseau-tête",  de Max  Ernst

     

     

    Qui imaginerait un oiseau

    prêt à s'envoler

    lui,       pourtant prisonnier d'un tableau

                                        au format carré ?

     

    Devinerait-on            un bec

    et la légère ondulation des ailes,

    un dessin d'ocelles,

    sous l'aspect d'un masque aztèque ?

     

    Cet oiseau figure un visage

                   au regard absent .

    Il regrette infiniment

    l'empreinte      de ses voyages....

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  • un chinois égaré  -   d'après une  sculpture  de Max  Ernst - ( RC )

    --sculpture  de Max Ernst  :  un chinois  égaré

     

     

    Peut-on aider

    le chinois  égaré

    à trouver  son chemin ?

     

    Le guider par la main,

    l'escorter  d'un bonze

    - compagnon d'infortune -

    lui montrer la lune,

    prisonnière d'une plaque  de bronze...

     

    La  voila  qui crie,

    d'un grand  cri muet :

    le chinois l'a tuée,

    comme je vous l'écris

    après  qui se soit saoulé

    dans la nuit  épaisse :

     

    coulée dans un métal

    plus ordinaire  que l'or,

    à jamais figée

    dans  sa détresse .

     

    Notre chinois ressent-il des remords 

    pour sa conduite  déloyale 

    et sans  égards

    pour notre satellite ?

     

    Il a pris la fuite

    dans le quartier de la gare

    je viens de le  retrouver

    dans cet endroit mal famé

    perdu dans une  rue  obscure,

    oublieux de sa forfaiture

    et de ses fredaines :

     

    la lune désormais défunte

    lentement s'est éteinte,

    nous laissant à notre peine...

     

     

     

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  • Comme  chez  Francis Bacon  -  ( RC )

    peinture: F Bacon:   trois figures sur un lit  -  collection particulière

    Si c’est la chair abandonnée,

    de peine,    de joies,       de rages,

    l’éclairage cru,           d’otage,

                          le sang égoutté

    lentement dans la nuit,

    cette grande baignoire

            où la vie s’enfuit

                  d’un coup de rasoir.

    Difficile ainsi de se représenter

    en auto-portrait….

                    plutôt se filmer là,

                    devant la caméra :

    machine sans émotion

    oeil indifférent

    où s’installe l’espion

    de nos derniers instants

         ( Pour ceux qui aurait du mal à le croire

    en léger différé –        vous pourrez revoir

                                 la vidéo prise ce soir là ) :

    une fleur pourpre s’étend

    lentement sur le drap ,

             un bras pend

             et la lumière s’éteint

    Bacon aurait pu peindre

    cet évènement sur la toile:

    une pièce presque vide

    un fond bleu pâle

               une sorte de suicide

               sous un éclairage livide

    cru         dans son contour électrique

    une ampoule laissée nue

    ( on dira que cela contribue

    au geste artistique ).

     

    Un corps semblant inachevé

    aux membres désordonnés

    exhibés comme dans une arène

    livré au regard obscène

              alors que ,         pour tout décor

    l’air brassé par un vieux ventilateur

    tourne                    lentement encore

                        dans d’épaisses moiteurs

    La peinture a de ces teintes sourdes

    comme enfermée dans une cage

            On n’y rencontre aucun visage

    c’est une atmosphère lourde

    de senteurs délétères,

    dont elle demeure prisonnière.

          Même exposée dans le musée,

                       elle sent le renfermé

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  •  Masque Y-   d'après une  sculpture  de Max  Ernst - ( RC )

    masque "Y"  sculpture  de Max Ernst

    -

     

    C'est une  figure qui me  fixe,

    de ses orbites  creuses .

    Point de grâce dans les angles,

    dans cette figure  primitive,

    sortie comme par inadvertance

    des mains du sculpteur.

     

    Juste quelques traits  ébauchés,

    taillés avec effort dans une matière

    d'apparence  revêche.

    On dirait qu'il s'agit d'un coin de métal,

    répondant au choc de la masse,

    éclatant le bois le plus dense .

     

    Cette  figure n'a rien d'une idole.

    Elle  ne représente qu'elle-même,

    sans  supporter  les traits d'un dieu

    ou le souvenir  d'un ancêtre.

    Seule  sa présence intrigue par sa rudesse,

    et son obstination à me  fixer.

     

    Elle  a quelque  chose

    d'un être mutique,voulant parler, 

    mais qui n'a pas de bouche,

    quelque chose  d'un combattant antique

    dont on imagine les  traits

    figés par le  trépas.

     

    Ses orbites  creuses disent-ils

    un regard  tourné en-dedans,

    l'ébauche  d'une parole

    muette  et prisonnière

    qui ne parvient pas

    à s'extraire de pierre ?

     

    Je ne saurai jamais

    l'intention du sculpteur,

    celui qui, à travers la figure humaine,

    juste avec quelques  traits,

    m'interroge

    de ses yeux  absents....

     

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  • La plus belle  -   d'après une  sculpture  de Max  Ernst - ( RC )

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    C'est  toi que l'on dit la plus belle

    des jouvencelles.

    (  pour ce qui est du beau , 

    - je suis  dans  l'embarras,

    car beaucoup ne connaissent  que  la Vénus  de Milo

    - qui,       comme toi,               n'a pas  de bras  - ).

    Je vois  que  ton corps  s'allonge,

             le cou porté si  fin

               qu'il finira  en filin

                en matière  de bronze.

     

    Pas de bras,      pas de manches,

    mais voilà que l'on s'en passe ,

    alors  qu'avec audace  

    ton corps  aux courbes  adoucies,

      doucement,           se déhanche...

    comme ces premiers Giacometti....

     

    Ernst nous donne cette princesse d'ébène,

    qui avance , sans  cérémonie,

            défilé de mode sur une scène

                 - l'air vaguement  endormi - :

    On vient  de réveiller  l'odalisque.

            C'est "la plus belle"  qui nous  sourit

    son visage inscrit  dans un disque

                   ...  nouvelle poupée  Ashanti...

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  • Le jardin bleu - ( RC )

    peinture  H Matisse  :       deux filles  sur un fond  corail, jardin bleu         Collection Barnes

     

     

    N'as  tu jamais   rêvé d' un jardin,

    qui s'éveillerait à la nuit ?

             ( et ses arbres  bleus,

            vaguement brossés

            dans un carré  suspendu...)

     

                            Ce serait une fenêtre

                           ouverte  sur un intérieur 

                           quand s'approche minuit ,

    que nos  corps fatigués par la lecture ,

    se dessinent avec peine       sur le fond corail.

     

             Les joncs,         dans leur  halo blanc

    sont prêts à envahir tout l'espace libre:

            on se demande  ce qui les  retient,

    si ce n'est  le vent ,

          qui retient  son souffle.

     

    Il semble qu'une silhouette  indécise

    s'approche  de la fenêtre,

    toute vêtue         du bleu d'un ciel

    qui a commencé à confondre l'air,

    mangeant branches et feuillages .

     

               Rien ne pourra  s'opposer

                         à ce qu'elle  rentre,

    lentement      - comme  dans  ces  films

                              où les nuages  

                         se glissent  sous les portes - ,

     

            à moins  que le  peintre

                  ne remplace la nuit,

    elle qui se déplace  sans  bruit ,

    en accrochant au mur,

    le calme d'un jardin de printemps .

     

     

    RC    nov 2020

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  • L'oiseau mordant une pierre  ( d'après une  sculpture de Max Ernst ) - (RC )

    Celui qui vient et regarde,

    arrive un peu trop tard.

    -

    Le pire n'est pas  certain,

    si l'oiseau  décrit  le paysage

    et délaisse  son oeuf  ,

    -

    c'est  que la faim 

    lui fait mordre les pierres .

    -

    Il côtoie  les  figures  allongées ,

    depuis  que  le lierre

    les  a privées  de liberté .

    -

    Ou bien,   gardien du phare, 

    il crie plus  fort  que  la nuit .

    -

    D'autres  ombres  s'enfuient :

    celles  de Rotheneuf,

    où le  soleil s'égare,

    secoué  d'embruns.

    -

    Il reviendra, c'est  certain ,

    mais  tu arrives toujours trop tard.

    -

    Courtes  sont les heures qui passent,

    se hâtant de te mettre  à l'écart :

    -

    Aujourd'hui n'est plus hier  :

    L'oiseau qui trépasse

    s'est  transformé en pierre.

     

    RC   (  en relation ,aussi  avec  les  rochers  sculptés  de Rothéneuf, vers  Saint Malo )------> photo perso

     

    L'oiseau mordant une pierre  ( d'après une  sculpture de Max Ernst ) - (RC )

     

     

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  • La belle allemande - ( RC )

     

     

     

    Lors d'un voyage à Londres

    n'aurais-tu pas vu la femme blonde,

    celle dont les épaules rondes

    cachaient une partie du monde ?

     

    Je n'aurais pu lui donner un âge,

    ou compter sur mes doigts les ans

    qu'elle portait comme autant d'enfants...

    De profil, une queue de coquillage

     

    J'ai compté jusqu'à onze

    ses petits pas menus

    quand elle se promène à demi nue,

    entr'ouvrant sa robe de bronze.

     

    Ne cherchez pas de midi à quatorze heures:

    la belle allemande ne vous reçoit qu'à genoux,

    et encore, seulement sur rendez-vous...

    Jamais vous ne la prendriez pour votre soeur...

    -

     

    RC - aout 2020

    ( sur une sculpture de Max Ernst " la belle allemande" )

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  • peinture: James  Ensor: autoportrait aux masques

     

    Si je me rappelle mes cours de physique,

    ce seraient de ces forces opposées

    qui s'affrontent comme des pensées contraires.

     

    L'expérience renouvelée du couple de torsion

    engendre le mouvement inverse

    dès lors que les contraintes se relâchent.

     

    Si l'art est sujet à ces contraintes,

    que deviendrait-il si celles-ci disparaissent ?

    Les paysages tourmentés reviendraient-ils au calme,

     

    Van Gogh ou Ensor, échangerait-ils leur style

    pour des autoportraits

    qui pactisent avec ceux de Rembrandt ?

     

    Leur visage, dans la réalité qu'ils traversent

    est-il parcouru par le temps

    qui leur impose leur marque ,

     

    comme la tension d'une corde

    trop serrée laissant son empreinte

    en creux, dans la peau ?

     

    Relâchons la tension, annulons ces forces ...

    le visage représenté deviendrait-il aussi lisse qu'un masque neutre ,

    n'ayant rien à confier à notre propre regard ?

     

     

    rc 

    msk mexiq -- photo-bruno-grandjean

    masque populaire mexicain

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  •  

    peinture - Van Gogh  (  recadrée  pour l'occasion )

     

     

    L'herbe  ne bouge  plus,

    le vent  est pris

    dans  des nuances  d'hiver.

    Les ombres se peignent, bleues;

    les arbres ont leurs crochets noirs,

    et s'essaient à attraper  le silence. 

    La terre retournée a lié son destin

    à la charrue  immobilisée.

     

    L'art est venu s'agenouiller

    devant un paysage

    qu'il a détourné du passage des saisons .

     

    Sa pâte épaisse a pourtant

    le poids vivant de l'allégresse .

     

    En le voyant, je me souviens

    de l'avoir  déjà  croisé :

    - c'est  comme  s'il palpitait

    avec des couleurs

    que je n'aurais pu imaginer -

    sans avoir rencontré

    leur crépitement ,

    dont on voit encore

    le magma prometteur

    sur la palette.

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  • le mur, selon Tàpies

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Antoni Tàpies, Cruz y tierra, 1975

     

     

    Si tu dresses un mur de silence,

    que tu tentes d'effacer le langage,

    celui-ci resurgit un jour

    malgré les cicatrices.

     

    Certains ont gravé leur nom

    sur les murs des cellules.

     

    Il y a des lettres de sang

    et parfois des croix

    - autant de baillons

    sur des bouches qui hurlent encore -

     

    C'est un ensemble de métaphores,

    qui parle dans la matière:

    une matière crucifiée.

     

    Un autre Guernica,

    une autre façon

    de traduire l'oppression,

    dans les oeuvres de Tapiès .

    -

     

     

    RC-  avr  2020

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  •  

    Nôtre évêque

    peinture:          probablement  Vélasquez..;  (  exposé au Rijksmusem) d'amsterdam

     

    --

     

    -

           Nôtre  évêque est mort,

    et c'est bien dommage

    pour le  clergé.

          On dirait qu'il dort,

    et nous laisse dans un veuvage

    éternellement inconsolés.

     

    Crois-tu qu'ainsi

    les hommes les plus puissants

    s'immortalisent ?

    Que le paradis

    compte dans  ses rangs

    les gens de l'église ?

     

    A force  d'imprécations

    le vieil évêque

    a oublié de regarder  l'heure .

    Il ne donne plus illusion,

    car un peu sec

    dans  sa dernière  demeure.

     

          D'un aspect assez négligé,

    il ne sent pas très bon,

    crispé sur sa crosse.

         C'est vrai qu'il était assez  âgé,

    et en cours de transformation,

    n'ayant que la peau sur les os.

     

      Mais il a droit - tout de même -,

    au cercueil tapissé de velours

    payé par les  fidèles.

              On évitera le blasphème,

    à défaut de lui prodiguer notre  amour,

    c'est une  fin bien naturelle....

     

                    Dieu l'a rappelé à lui

    - enfin la partie invisible -

    car de petits insectes en font leur festin.

              ( Pendant qu'il se sanctifie

              son corps ne paraît guère  sensible

              à leur parcours souterrain ).

     

             Il faut bien nourrir ces petites bêtes,

    ( ce sont aussi des créatures du bon Dieu )

    si l'on retourne à la terre

            Quand il ne sera plus que squelette

    - rien ne le distinguera de celui des gueux -

    sous une  lourde pierre .

     

          On ne  s'en fera pas pour lui :

    il a fait de grandes actions

    qui resteront  dans les mémoires :

       En souvenir,        l'église le remercie

       d'avoir pratiqué  l'inquisition

    pour sa plus grande Gloire .

     

            Il a servi les princes et les  rois

    et la puissance  divine

    ( de son temps,     il fit des envieux )

          Il a eu droit à une belle  croix,

    l'ombre  d'une  glycine ,

             que demander de mieux ?

    -

    RC-  avr  2020

     

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  • Résultat de recherche d'images pour "picasso light painting"

    photo     Gjon Mili

     

     

    La caméra est immobile,

    le studio est sombre,

    elle  n'enregistrerait que  l'absence.

    Mais dans l'obscurité tu peux voir 

    un point lumineux qui se déplace,

    et dessine;         à la place  d'une  craie,        danse

                 un personnage  dans  l'espace.

     

    Picasso est à l'oeuvre,

    et de ses mouvements

    un minotaure  s'élance ,

    sans le support d'une feuille

    ou d'une  toile.

     

    Les gestes s'envolent,

    et se précisent,

    en quelques minutes seulement.

    Imagine qu'une  colombe  blanche

    par le seul battement  de ses ailes

    laisse une  trace

    persistante au fond  de la  rétine...

     

    Résultat de recherche d'images pour "gif animé colombe"

     

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    RC- mars  20

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  • Des corps au bois - ( RC )

     

    art: relief sur  bois de D Dewar - Gr Giquel.              Biennale d'art contemporain de Lyon  2019

     

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    C'est un panneau en bois, bien épais, 

    que l'on imaginerait

    comme une porte  de placard :

     

    on n'en voit qu'une part.

    C'est  du chêne  sculpté

    où des imprudents se sont  aventurés

     

    sans se douter

    qu'ils en seraient sculptés.

     

    Ce sont des torses musclés

    comme fossilisés

    que l'on a retrouvé

    des bras redoublés

     

    et même un pied

    que l'on voit de face:

    du bois il dépasse

    de la gangue  épaisse

     

    tout comme ces fesses

    n'allant pas par paires,

    que l'on énumère.

     

    On se demande comment

          par conséquent

    le corps bancal

    dans sa présence  sculpturale

    se multiplie ou se dédouble .

     

    C'est que la vue se trouble

                                     au fil du temps

    certains éléments sont manquants :

     

    il faut aller  les  chercher

    de l'autre  côté

                                 comme le géologue

    à la recherche  d'éléments analogues.

     

               Quel est donc le bon endroit ?

    -         de l'autre  côté  du bois ?

    On connaît à peu près son aspect,

    mais  comme on le sait,

    même chantourné,    il n'est pas transparent,

                    indifférent aux  faux  semblants .

     

    Tu verras des torses masculins

                            et aussi des seins

                   - guirlande et farandole -

    sans  pour autant qu'ils  flageolent

            appartenant à ces mâles.

     

    Vient se poster un animal

    ( en surexposition où on ne l'attend pas ) :

    c'est donc un poisson plat .

     

    Il ne semble pas  étonné

    de se retrouver immobilisé:

    fossile habité,      de bois poli

    intégré à cette chorégraphie.

     

    Des corps au bois - ( RC )

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  •  

    Résultat de recherche d'images pour "francis bacon innocent X"

    peinture:    Innocent X, par  Francis Bacon, et Diego Velasquez

     

     

    Installé  dans  ce fauteuil sévère,

    ce personnage  drapé  de rouge

    vomit  toujours ses imprécations

           sur le fond sombre de l'histoire.

     

    Le portrait que fait Vélasquez

    du pape Innocent X

    est celui d'une  figure  de pouvoir,

    peu porté sur la plaisanterie.

     

    Son oeil pointu a quelque  chose

             de l'un des tortionnaires

    des 120 journées de Sodome,

    coupant comme  rasoir.

     

    On ne sait plus si cette image

    est fidèle        à l'homme

    qui s'assit dans ce trône

    à cette  époque

     

    mais aujourd'hui c'est son écho

    à travers les peintures de Francis Bacon

    qui nous parvient,

    hurlant , bouche grande ouverte,

     

    au point  que            le cri

    traverse tellement la toile

    qu'il en efface le côté humain, 

    puis les traits  de son visage .

     

    A la façon de celles  du piranha,

    les dents sont  carnassières,

    le gouffre noir de la gueule,

    prêt à nous avaler.

     

    De celui de Munch

    au film du Cuirassé Potemkine,

    l'obsession du cri habite l'artiste,

    hante son oeuvre et notre époque.

     

    Les dictateurs de notre siècle 

    ont ce quelque chose,

    qui rappelle les anthropophages :

    ce sont des prédateurs

     

    assoiffés de pouvoir

    et de sang,

    incrustés sur leur  trône,

    sangsues de l'humanité.

     

    -

     

    RC - dec  2019

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  • Contempler nos défaites - ( RC )

     

    Que  reste-il du passage  de l’ange,  

    une  fois qu’on a ramassé  

    ce qui traîne  :   quelques objets,

    fragiles et ternes ? :           des débris

    auxquels  on n’aurait pas prêté attention ,

     

    Ainsi nous questionnent  ces traces de combat :

    ces cicatrices

    et   végétaux desséchés

    suspendus :           ( des corps oubliés

    dans des boîtes de verre, sur un fond gris ).

     

    C’est la terre qui se replie

    sur elle-même.

    Elle  a soif  d’humanité et se craquelle.

    Sous les gravats pointent des fers ;

    membres tordus de douleur

     

    lançant de vains appels

    dans l’écrasant silence ,

    que les reliquaires

    conservent , à la façon de fleurs mortes

    entre les pages d’un vieux livre...

     

    On peut procéder à la pesée des âmes,

    on ne sait qui tient la balance,

    puisque les plumes y sont  plus lourdes 

    que l’argile , que les mottes  de terre

    d’un pays qui meurt.

     

    C’est peut-être ce qui subsiste

    après la bataille:

              quelques restes rouillés

             plantés dans l’étendue

             d’un désert calciné .

     

    On ne se confronte pas à l’Ange:

           c’est une figure vengeresse,

           venue de l’Apocalypse:

    d’un passé, il a fait table rase :

    on ne retourne pas au  paradis perdu :

     

    Le monde est à refaire,

    un oeuf  intact 

    en marque l’origine,

     mais personne ne sait 

     

            s’ il abrite un serpent.

    Contempler nos défaites - ( RC )

     

    ce texte  est issu de l'impression de l'exposition d'oeuvres de Anselm Kiefer 

    au couvent  de la Tourette, près de Lyon. (photos perso hors flyer )

    Contempler nos défaites - ( RC )

     

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