• Richard Serra ( fait son Moma)

    - reprise de l'article de Libé -                                              complété  de photos perso...

     

    Serra fait son

    MoMa 

     

     

     

    Le musée new-yorkais accueille une rétrospective de quarante ans de créations de Richard Serra.

    Ses sculptures d’acier  monumentales jouent sur l’espace et le corps.   Un prélude à Monumenta, à Paris en 2008.

     

     

    Richard Serra Sculpture Forty Year.                  Museum of Modem Art, New York

    Richard Serra  ( fait son Moma)

     

    photo perso, prise  à Bâle  - Suisse              2013

     

    Richard Serra  ( fait son Moma)

     

     

     

    C’est une rétrospective de quarante ans de création qui vaut son pesant d’acier. Juste vingt-sept oeuvres, plus de 1000 tonnes. Le Moma accueülele sculpteur Richard Serra en grand, sur trois niveaux : 6e, 2e et jardin. Le musée ne s’est pas contenté de faire de la place, il s’est remodelé dans l'attente de l’arrivée des mastodontes d’acier industriel. «L’ancien directeur, Kirk Varnedoe, m’avait proposé une exposition. Cela m’apparaissait impossible vu la charge de mes œuvres. La contrainte a été intégrée dansleprojet architectural», explique l’artiste qui vit àNewYork Inauguré en 2004, le nouveau Moma a ainsi été conçu avec un 2e étage assez solide et ouvert, reposant sur l’ensemble de la structure, pour permettre la présence des trois derniers opus de l’artiste américan.

     

    Ocre. Comme à son habitude, le sculpteur, né en 1939, s’est confronté à l’espace imparti comme à un nouveau défi.

    Au 2e étage, le volume emplit presque tout l’espace, en hauteur et largeur. L’ocre de l’acier, traité pour résister aux temps, tranche sur l’immaculé des murs.

    Le visiteur se voit happé par Band, long ruban d’acier (3,9 m x21,9m). Torqued Torus II sion (3,9 mx 17,9 m) offre ouverture par où s’immiscer, attire en son milieu et incite à regarder vers le ciel. Sequi (3,9 m x 19,9 m), qui réunit des caractéristiques des deux autres,

    apparaît comme la plus ambitieuse.

    Le visiteur pénètre dans un couloir sinuseux suffisamment large pour permettre le passage, aux parois suffisamment hautes pour suggérer l’enveloppement .

    Ce chemin de ronde sinusoidal finit ou commence, qu’importe le sens, dans une salle circulaire.

    Les enfants y organisent spontanément des cache-cache.

    Là réside la subtilité paradoxale de Serra: la sculpture monumentale n’est pas l’objet

    Elle s’efface au profit du corps qui circule, peau contre acier

    Le visiteur en retient une expérience, une étreinte.

     

     

    Richard Serra  ( fait son Moma)

    Ciel. Dans le jardin du MoMa sont exposées deux sculptures plus anciennes de Serra Torque dEllipse IV(1998) et Intersection II (1992-1993). L’ impression est plus extérieure dans cet espace à ciel ouvert où se superposent marbre blanc; de la dalle, feuillages et haut des buildings de Manhattan

    Au 6e étage, les expérimentations de la fin des années 60

    Le jeune artiste testait déjà l’acier                  mais aussi la fibre de verre,           le caoutchouc,            les néons   et         le bois.

    Un de ses challenges consistait à assembler des plaques jouant sur le miraclede la gravitation.

    Son échelle a évolué vers le monumental. Il aime à parler du japon, où il a été frappé par la différence d’appréciation des distances, la proximité des gens entre eux, la façon dont l’espace joue avec le temps.

    Désormais, Richard Serra jongle avec les commandes, principalement, publiques. Cinq villes de la côte ouest des Etats- Unis ont accueilli ses sculptures. Il vise Monumenta, la manifestation d’art contemporain démarrée cette année sous la verrière du Grand Palais.

    Ce sera lui l’hôte de cette nef à sa mesure en mai 2008 et il complote une Promenade qu’il désire grandiose.

    Il espère aussi que Clara Clara, installée aux Tuileries lors de son exposition à Beaubourg en 1983, replacée dans un square parisien puis enlevée, ressortira. Son art ne vit pas sans les corps et il se repaît de ce 2e étage du Moma, herculéen.

    Pour lui, mais aussi tous les artistes qui lui succéderont.

    «Maintenant, la sculpture peut avoir une position centrale, comme la peinture au siècle dernier.»  

     

     

    Richard Serra  ( fait son Moma)

     

     

    dessins  noirs:  

    1ère  repro  Lignes  et courbes,  

    Richard Serra  ( fait son Moma)

    2è repro  Billie Holiday -  

    Richard Serra  ( fait son Moma)

    3è repro: Brownie Mc Ghee

     

     

    Richard Serra évoque la conception de ses trois nouvelles compositions

    «Les visiteurs sont l’objet de leur propre expérience»

     

    Pour Richard Serra, l’exposition du MoMa est une nouvelle étape dans ses expérimentations des formes.

     

    Comment avez-vous conçu vos trois nouvelles œuvres ?

    Spécifiquement pour cet espace qui a la forme d’un H.

    Je voulais trois sculptures de configuration différentes et qui modifient à chaque fois la manière dont le corps appréhende l’espace. L’espace est mon vrai matériau, l’acier joue un rôle dans la gravitation ou la pression. On ne sent pas le poids, pourtant la totalité des trois œuvres pèse 500 tonnes.

    Le public n’est pas concerné par la masse, mais par le mouvement, les courbes de circulation.

    Torqued Torus Inversion mène vers un centre, avec la sensation que l’espace se rapproche. On peut dessiner la carte de Band dans sa tête, en se demandant ce qui est l’intérieur et ce qui est l’extérieur.

     

    Ont-elles été complexes à réaliser?

    Elles sont encore plus complexes que The Matter of Time installées au musée Guggenheim de Bilbao depuis 2005.

     

    J’ai poursuivi mon travail de Torsions elliptiques. Ces torsions sont dotées du même rayon en haut et en bas, mais grâce aux plans incurvés d’acier qui forment un continuum, elles parviennent à donner un sentiment d’éléVation. J’aime inventer de nouvelles formes. Ces sculptures ne se réfèrent à aucuiî média, ne ressemblent à rien de connu.

    Leurs formes n’existent ni dans la nature ni dans l’architecture. Du coup, elles laissent le champ libre au spectateur d’apporter son propre bagage. Le compositeur Phil Glass a ainsi pu voir dans mes œuvres le flux et l’espace de la musique. Les enfants les pénètrent comme dans un jeu.

     

    Vous éludez l’objet...

     

    Prenez les tableaux. Le contenu, si ce n’est pas le sujet de l’œuvre, se trouve dans la peinture. Prenez un objet sur un piédestal, par exemple la très belle Serpentine de Matisse également exposée au MoMa. Son contenu se trouve dans cette forme tout en circularité, mais le spectateur est laissé à l’extérieur. Dans mes œuvres, il y a une inversion entre le sujet et l’objet. Ce n’est plus regarder une peinture ou un piédestal, la représentation d'une scène ou une iconographie, désormais le sujet c’est vous. Et tout un chacun l’expérimente différemment.

    Un jour donné, des milliers de personnes traversent ces œuvres et arrivent parfois à en avoir une expérience commune en se parlant, en échangeant. L’œuvre peut être un déclenchement. Au 5e étage, les visiteurs qui contemplent les Demoiselles d’Avignon ne se retournent pas pour se parler. Avec mes sculptures, cela arrive, parce que pour moi les visiteurs sont l’objet de leur propre expérience.

    C’est un mouvement qui remonte aux années 60, issu de la génération postminimaliste avec Bruce Nauman ou Robert Smithson.

     

    Pourquoi l'acier?

     

    Jeune, j’ai travaillé dans des mines d’acier, pour payer mes études.

    Quand j’ai commencé à imaginer des œuvres, j’ai écrit une liste de verbes d’action («To roll to crease to fold to store»)

    pour poser mes propres procédures.                          Si l’on utilise les mêmes que d’autres avant soi, on risque d’être académique.

    Il fallait que j’invente mes propres procédures et mes propres outils.

    Cela ne veut pas dire que je n’ai pas regardé ce qui avait été fait avant, Brancusi par exemple.

    Mais il me fallait trouver une voie propre.

    Alors, j'ai posé cette liste de verbes et j’ai commencé à expérimenter.

    Pour certaines de mes premières œuvres, comme celles du début des années 70 montrées au 6e étage,

    j’ai tenté de faire tenir sans fixer pour explorer une tectonique de la construction.

     

     

     

     

    recueilli par FRÉDÉRIOUE ROUSSEL

     

     

    Richard Serra  ( fait son Moma)

     

    Driftwood 

     

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