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    Ce sera comme une ivresse,
    la tête vidée, informe,
    et l'univers à soi,
    qui tourbillonne.

    La toile est déroulée sur le sol,
    tu peux te permettre de la fouler aux pieds,
    d'y lancer éclats et comètes,

    qui finissent en nébuleuses,
    le noir combattant le blanc
    à la manière d'un furieux yin et yang..

    La main a un prolongement de peinture,
    celle-ci goutte, jaillit,
    à mesure que tu danses.

    Tu perds la notion d'équilibre :
    le haut et le bas peuvent s'inverser .
    L'espace est un univers
    d'une douzaine de mètres carrés,

    et tu flottes au milieu
    les gestes te répondent à peine,
    tout ce qui arrive,
    t'échappe des doigts .

    Un vide à l'intérieur , et personne
    ne comprend pourquoi tu tombes,
    sans pourtant chuter

    pourquoi les figures se dissolvent ,
    pourquoi les lignes se nouent et se recouvrent,
    presque à ton insu.

    Et si c'est un excès, une fatigue
    elle dépasse le ciel par sa transe,
    dans une myriade d'éclaboussures.
    Une fois jetées, violemment extraites du pot,

    elles s'éparpillent comme des étoiles, :
    un big bang renouvelé ,
    des éclats figés sur la toile,
    que personne ne peut rattraper.

    -
    RC - nov 2016

     

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  •  

     

    Afficher l'image d'origine025-2r.+Texto+ilustrado.jpg

    manuscrit  enluminé:  Heures  de Catherine  de Clèves

     

    Si le moine s’ennuie
    au coeur de l’abbaye

    il peut laisser voyager
    songes et pensées.

    Son imagination
    ne doit rien à la dévotion.

    Penché sur le manuscrit,
    le voila qui décrit

    avec une grande minutie
    l’enfer ( c’est ce qu’il a choisi ). :

    Le combat du bien et du mal ;
    le héros à cheval

    qui lance sa monture
    sur une sale créature

    quelque peu imaginaire,
    telle qu’il pense trouver en enfer.

    C’est un regard halluciné,
    digne de terribles bandes dessinées,

    où se multiplient les aventures,
    dans les recoins des enluminures.

    Il y a le monstre noir
    gardant le purgatoire :

    un ciel peuplé de nuages noirs,
    barrant tout espoir.

    On voit que le peintre s’est fait un plaisir
    de manier la poële à frire,

    d’envisager avec délice,
    une déclinaison de supplices

    Excusez du peu ….
       ce ne fut qu’un jeu

    de rendre souhaitable
    que des petits diables

    vomissent des bouches de feu ;
    ——->   Nulle part on ne voit Dieu

            ( honni soit, qui mal y pense …
    –      il est parti en vacances) .

     

    RC- juin 2016

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  •                                      photographie :          Dalibor Stach. Sans titre

    -

    Les temps ont bien changé,
    la mer est au plus haut,
    comme en-dessus des nuages.
    La lumière peine
    à se forcer un passage
    dans un ressac aérien.

    Je me suis allongé sur l'herbe:
    un velours noir.

    Il se déroule en immense tapis,
    jusque vers les montagnes.

    J'ai assisté au grand vol des sirènes,
    groupées comme pour une parade,
    et leur chant appuyé sur le soir,
    juste avant que les vagues
    n'engloutissent le jour,
    et moi avec...

    -
    RC juill 2016

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  •  

    Odilon Redon:  l'oeil montgolfière

     

     

     

    L'envol d'un oeil,traduit une fuite

    un élément contre nature,

    impertinence de la gravure,

    délesté de l'orbite

     

    Le voici qui erre

    Incongru et tout rond,

    L'oeil montgolfière,

    de chez Odilon.

     

    Vois tu cette géante sphère

    Grossie par le télescope,

    qui s'élève légère

    Délaissant le cyclope ...

     

    Pour celui-ci, rien de va plus

    Il demande à un ange

    Comment retrouver la vue

    - manque un oeil de rechange.

     

    De l'avantage du binoculaire.

    Et s'il s'avère cependant

    Que les yeux prennent la file de l'air

    - voulant être indépendants

     

    Que quelque chose les retient

    de faire faux bond,

    voyez ce qu'il convient

    de peindre ,   avec Redon

     

    Payez vous une paire de lunettes

    pour apprivoiser votre regard :

    le petit bout de la lorgnette,

    et un meilleur tremplin vers l'art.

     

    -

    RC - juin  2016

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  •  

    iattD.AuSt.91.jpg

     

    Sur le rebord de la fenêtre,

    Il y a quelques fruits

    Qui donnent un peu de vie.

     

    Le peintre va les mettre comme sujet principal :

    ce sont les seules notes de bonheur

    qui s'opposent à l'extérieur

    et prennent place sur la toile.

     

    Elles sont sur un vieux bois

    et boivent la lumière.

     

    Dehors, c'est bien désert

    et il fait sans doute froid.

    Les murs sont gris ou beiges,

     

     

    le décor est sévère.

    Derrière les carreaux de verre,

    il y a la neige.

     

     

    Quelques brindilles, quelques branches

    se désespèrent

    de la longueur de l'hiver ;

     

     

    la couche blanche

    est le lit de l'attente

     

    Son domaine de froideur

    échappe à la couleur.

     

    D'une cueillette abondante,

    Il ne reste de la cohorte

    que ces quelques fruits

     

    juste ce qu'il faut pour échapper à l'oubli,

    et à la nature morte...

     

    -

     

    RC – juin 2016

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    Rembrandt.%2520Self%2520Portrait%2520at%2520an%2520Early%2520Age.jpeg

     

    Tout a un début, tout a une fin :
    Je n’apprendrai à personne
    Que, commençant par un beau matin
    d’été, on se retrouve vite à l’automne…

    Tu as beau tourner le miroir
    dans tous les sens
    Tu te vois entouré de noir :
    c’est une présence

    où le décor s’engloutit
    dans un incendie sans flammes :
    c’est peut-être ce qui embellit
    une partie du drame ….

    Rembrandt.%2520Self-Portrait%2520with%2520a%2520Gold%2520Chain.JPG

    Ce n’est pas ce que tu imagines :
    Il ne suffit pas de déchirer les feuilles
    du magazine,
    pour faire de ton image, le deuil.

    Dans cet incendie froid,
    cette glace limpide,
    que la glace soit à l’envers, à l’endroit,
    ton visage reste le même, couvert de rides.

    Rembrandt.Self%2520Portrait%252C%2520.jpg

    Ce portrait trompeur
    cette peau flasque ,
    supportant son poids d’heurs :
    c’est un masque

    dont jamais tu ne te défais   :
    tu ne peux le déchirer :
    c’est un auto-portrait
    qui ne fait qu’empirer .

    Il n’y a pas de camouflage
    dans les peintures de Rembrandt,
    mais seules ,  les marques de l’âge
    – quelque peu discordantes .

    Rembrandt.Self%2520Portrait-1.jpeg

    Et un jour la mort,
    ( qui jouait la patience ),
    s’extrait soudain du décor…
    – en toute innocence…

    Elle, qui restait discrète, enfin
    prend toute la place :
    Du miroir sans tain,
    ton image s’efface…

    RC- avr 2016

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  •                                   

    une naissance en peinture - ( RC )

      peinture:       Richard Diebenkorn    Coffee  

     

    Vêtue d'inachevé,

    ce n'est pas ton visage

    qui émerge de l'eau,

    et ton rire blessant la toile .

     

    Ta peau est fluide,

    et personne n'écope,

    les éclaboussures

    étoilant ta robe .

     

    Tu émerges juste de la couleur :

    Il suffirait de presque rien,

    pour que tu retournes

    dans l'anonymat

     

    .... - te diluant dans les glacis,

    et les coulures ,

    dissimulée par les larmes,

    de la peinture:

     

    Celle-ci n'est pas sèche , et colle encore aux doigts.

    Il y a, sur eux    

    comme une saveur marine...

    teintée d'essences :

     

    C'est une apparition :

    -       sous les pinceaux,

            j'assiste

            à ta naissance .

     

     

    - RC - avr 2016

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  •  

    Sur une photographie  de Dora Maar - Man Ray   - 1936  ( RC )

     

     

    Les mains  posées sur le mur,

    aplaties , blanches, sous leur poussée,

    et même transparent, invisible obstacle,

    celui-ci porte aussi leur ombre.

     

    Elles  se mêlent, d'un défi obscur

    à la promesse du vivant.

    Le visage voisine son négatif,

    à la façon d'un masque.

     

    Lui aussi regarde un au-delà

    caché  derrière nous.

    Des fentes le parcourent.

    Ou bien est-ce inscrit dans notre oeil,

     

    Ainsi ce serait ce poids de ciment,

    griffé par les années,

    supportant son l'être et l'enfermement

    en empreintes négatives.

     

     

    -

     

    RC -  janv  2016

     

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  • Hannah Höch:
    Collage: Hannah  Höch  ( artiste  représentative  du mouvement  Dada  en Allemagne)

    Faire de la rencontre ambigüe,
    Où rien n’est vérité nue :
    Cela ne dépend pas de toi ,
    D’aller chercher au fond des bois
    Où des tourments de l’image,
    Suivront, selon l’usage,
    Le parcours des pointillés…
    –        ça sent un peu le grillé      –

    Le boucher prépare son tablier
    Le papier, sera déplié
    On se perd un peu,
    Dans des cercles de feu,
    L’envahissement du lierre,
    Les saintes prières…
    Les coins un peu abîmés,
    L’ombre des croix gammées.

    Est-ce que des larmes de pluie
    Répandues sur l’oubli,
    Sont un meilleur témoignage,
    Que d’une époque, ces découpages
    Se bousculant sur la page,
    Assemblés en collage .
    Logique écartée pour un rêve dément,
    Ombre de nuages déliquescents.

    RC- nov 2015

    Collage  Hanna  Höch « The Eternal Folk Dancers » 1933Afficher l'image d'origine

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  • starrynight

    peinture:             V Van Gogh –       la nuit étoilée

    On ne saura pas dire, s’il suffit  d’une  échelle
    Pour  toucher le velours de la nuit.
    Un tissu d’astres  s’y répand,
    Comme une  corne  d’abondance

    Car celui qui franchit les marches  du temps,
    Peut  changer, en cas  d’urgence,
    Les  étoiles qui se meurent
    de froid et de peur
    comme il le ferait de simples  ampoules.

    Allumeur  de réverbères,
    Van Gogh l’a tenté,
    avec sa  « nuit étoilée »
    en se jouant des courants  d’air.

    Il est vrai  que certaines clignotent
    ( à qui la faute ? )…

    Peut-être, justement,  du vent,
    Qui voyage et se déroule
    En les  bousculant,
    La tête  à l’envers
    dans un coin de l’univers .


    Certaines  rêvant de voyager,
    Confient,  pour celles  qui s’y prêtent,
    D’étranges  messagers,
    De la catégorie des comètes.

    Traversant les orbites
    des planètes
    ( et celle de leurs satellites ),
    on pourrait craindre  qu’elles ne s’égarent.

    Car nulle part
    il n’y a de barrière
    qui les séparent
    De nos années-lumière :

    les voilà soudain proches
    ces comètes  voyageuses –
    et leur consistance  de gaz et de roches,
    ne les empêche pas,   lumineuses,
    de foncer sans aucun bruit
    Dans le vide sidéral.

    On ne peut  dire  qu’elles  fuient
    la compagnie  d’autres étoiles…
    Mais  leur  éclairage ne suffit  guère
    ( après la nuit la boucle du jour )
    A illuminer la terre
    Dont le parcours,
    change de dimension.
    Son trajet elliptique
    Forme nos saisons :
    (traduction dans le langage  climatique ) :

    Mais  revenons à   cette nef en transes
    Qu’a peinte  Van Gogh
    Dans le ciel de Provence …
    Ce n’était pourtant pas les  antipodes…

    Tout s’accélère  et tourbillonne
    Au-dessus de la ville,
    Le delta du Rhône,
    Le moutonnement des Alpilles…

                S’emballe  soudain le carrousel      
    Comme une vision après plusieurs verres d’alcool :
                Une immense  traînée  d’étincelles,
                Dans une  course folle

               Jaillit   dans le ciel de la toile
    Ainsi Vincent put  atteindre,
    L’aventure des étoiles,
    Et n’eut plus qu’à les peindre ,

    Nous laissant  approcher
         de si près leur nature,
    Qu’on pourrait presque  les  toucher,
    piquetées dans le ciel      de sombre azur.


    RC –  juin 2015

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  •  

     

    Vertèbres

    ( photographe non identifié )

     

     

    -
    Au détour d'un espace,
    Un large coin de  nature,
    Pourvu d'herbe grasse,
    ( il y aurait des vaches en pâture )

    -  Rien de plus naturel,
    Que la présence des ruminants,
    Et les blocs de sel
    Qu'on trouve de temps en temps .

    Un peu plus loin,         et c'est  surprenant,
    Dans la perspective d'un bouquet d'arbres,
    Il y a,  (  semble-t-il érodé par le temps  ),
    Sur un socle bas,   ces arrondis de marbre

    qui accueillent  le vent ...
    -             Est-ce lui l'auteur  des gravures,
                  Que l'on trouve aussi,  souvent,
                  Dans  cette pierre dure ?

    Les  années d'usure  :
    Creusent ,       pénètrent,     et ravinent ,
    Jusqu'au centre   même des sculptures ,
    Que le passage  du temps patine …

    Mais, visibles  de la route,
    Elles ne sont pas le fruit du hasard,
    Et, ôtant les derniers  doutes ,
    Le pâturage  entoure bien une oeuvre d'art

    Une vertèbre géante, un morceau de corps ,
    Ainsi fossilisé,
    Placé ainsi dans un autre  décor...
    - Un gros volume échappé d'un musée …

    Quelque chose de lourd,
    Une roche rendue  à la nature,
    Et la main    d'Henry Moore ,
    Confrontant au paysage, -  autre mesure

    ....   Comme s'il s'agissait d'une  moraine,
    Les os d'un cétacé            délaissés,
    -   par exemple, ceux d' une baleine    -
    Echoués dans la campagne,  dressés .

    Ici , il est permis que l'on touche,
    On peut  suivre de ses doigts, la matière,
    Parcourir en tous sens les courbes  douces,
    Extraites  lentement de la pierre ...

    -

    RC - juin 2015

     

    Vertèbres

     

     Cet texte  est en rapport  avec l'oeuvre du sculpteur anglais Henry Moore, dont  voila  deux  reproductions .

     

     

    J'ai  déjà écrit  quelque  chose  qui l'évoque  de façon plus allusive  " la chaise du dormeur " visible ici....

     

     

     

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    Mary Ellen Mark - hommage

     

     

    Mary Ellen Mark - hommage

    Mary Ellen Mark - hommage

    Mary Ellen Mark - hommage

    Un autre article intéressant avec  beaucoup de photos  de l'artiste est visible ici... 

    Mary Ellen Mark - hommage

     

    Par rapport aux  nombreuses figures  qui ont marqué  le monde de la photographie,

    figure  dans mon "Panthéon",  Mary Ellen Mark,   qui vient  de décéder fin mai 2015 .

     

    C'est l'occasion de montrer quelques uns de ses clichés .

     

    Elle consacre  son action en allant au plus près;

    par exemple,  dans les  hôpitaux psychiatriques,  parmi les membres  du Ku-Klux-Klan, avec les prostituées....

     

    et ainsi  que le définit l'article  du Monde, qui lui est consacrée:

    "Contrairement à Diane Arbus, qui s’appliquait à faire ressortir l’étrangeté de ses sujets, rassemblant marginaux et gens normaux dans la même fragilité, Mary Ellen Mark, en héritière de l’humanisme des années 1950, cherchait toujours ce qui rapproche les gens : « Je veux atteindre et toucher quelque chose que je sens être au plus profond des hommes », écrivait-elle dans un de ses livres. "

    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/arts/article/2015/05/28/mary-ellen-mark-photographe-des-laisses-pour-compte-est-morte_4642717_1655012.html#LQvP2IGEv5hHoi7j.99"

     

     

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    the meaning  of the night-

    C'est un souffle, une respiration,

    Ce bruit se répand,

    Comme les pulsations du sang,

    Au creux de la nuit,

    Lorsque justement

     

    se concentrent les bruits.

    Soupirs et la parole de l'eau,

    Dont on n'a pas trouvé d'interprète.

    L'écume court sur les crètes,

    Et capte l'oeil de la lune,

     

    Pendant que tu te penches

    Sur toi-même,

    Et te détaches de toi,

    Celui que tu croyais ton double,

    Donné par le miroir...

     

    Mais il n'y a plus de miroir.

    Tu marches sur les nuages,

    Et tu déranges l'ombre flottante,

    D'une femme à peine esquissée.

    Elle attend en vain,

     

    Que la vague retombe,

    Car elle est suspendue

    Dans le gel d'un instant,

    Qui s'étire,

    Au-delà de la conscience.

     

    RC - juin 2015

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    photo perso - Musée Rodin, Paris

     

     

     


    Ils sont les vaincus,
    Leurs habits sont lourds de bronze,
    Si lourds, qu'ils pourraient les enfoncer ,
    Au creux de la terre,
    Dans la glaise  où tout  se dissout,
    Corrompt la peau, mais rend les âmes libres.

    Le regard  se tait ,
    Les gestes  sont las,
    Les corps encombrées de mains,
    Dont ils ne savent  que faire,
    Et caressent le vide .
    Ils sont la défaite,        l'abandon :

    En apportant les clefs de la ville .
    Ouvrent la porte à la servilité ,
    Groupés  mais  solitaires,
    Bientôt une masse indistincte ,
    Dérobant l'homme à l'être,
    Entravés.

    -

    RC - mai 2015


     

    Les Bourgeaois  de Calais

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  • C'est l'ourlet d'une forme,

    Qui s'ouvre fragile,

    Un élan humide :

    photo:       Imogen  Cunningham  -       Two Callas    1929

      a
     

    Il dessine , au sortir du vase,

    Une arabesque blanche,

    Dont on percevrait presque,

    Tapie dans la photo,

    La suave fragance.

    Elle se développe à notre insu,

    Sur le fil des spirales enroulées,

    Qui se répondent

    Comme une musique faite image,

    Celle de deux corps adossés .

    -

    Imogen Cunningham,        Two sisters,       1928

     

     

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  • Art Khmer, têtes des temple
    Art Khmer,         têtes des temples   Angkor

     

    -

     

    C'est le sommeil, peut-être,
    Qui a clos les paupières  :
    Le regard ne voyait      qu'en dedans,
    la prolongation du sourire,
    Et les lèvres  épaisses , se sont closes,
    Dans leur secrètes pensées.

    Qui peut dire  que ces figures de pierres,
    Ne sont que des œuvres oubliées ?
    Lorsque les hommes ont délaissé les lieux,
    Et laissé les arbres les enlacer
    Jusqu'à les enfouir
    sous le fouillis végétal....

    C'est leur sommeil, sans doute,
    Qui gravite autour  du temps ;
    >    Et celui-ci est immobile.
    (  La pierre ,  gardant la mémoire,
        du regard intérieur,
    Continue de nous contempler,

    Avec son sourire   )  ,
    Comme  si elle  était    habitée
    De l'âme de ceux qui les ont créées,
    Dépositaire d'un accord
    dont nous ne percevons que la surface   :
    Les mains de la pensée,

    Caressent encore la sérénité de leur visage   .

    -

    RC  -  mai 2015

     

    Art Khmer: Musée Guimet . Paris
    Art Khmer: Musée Guimet . Paris
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    La Jeune Fille  et la Mort  (  Egon Schiele )

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

                                           peinture:  Egon Schiele  "the  death and  the maiden"  1915

     

     

     

    L'angle  déconcerte, et le dessin  ,
    rétif,       se plie ,
    sur un magma d'ocres et de craies.

    Les courbes  n'en sont pas,
    et se crispent,
    dans la gangue sombre .

    C'est un manteau obscur,
    qui sent le rance ,
    habité  par le corps  décharné  .

    La Jeune fille et la Mort ,
    miment un accouplement  ,
    sur le drap aux plissements  de turpitude  ,

    Comme ceux d'une montagne,
    Basculée sur le sol,
    Et qui étale ses viscères  .

    Et c'est peut-être  cette arrogance abrupte
    Soudain précipitée, -  comme  déchue de son rang :
    Des pentes  et des verticales,

    Inversement, on y lit , gémissant
    Non pas l'accouchement , une mise à bas,
    Et une naissance,        mais son extinction

    Chacun essayant de se raccrocher à l'autre,
    Sans espoir de rémission,
    Bientôt               confondus avec le sol.

    Un sol instable,
    Où tout semble  s'engloutir,
    Dans une matière          indéfinissable.


    Ainsi                  les tourbières,
    Conservent à l'abri de l'air,   des corps,
    Où on devine seulement la trace des formes .

    Quelquefois des bouts d'étoffe,
    Une bague en métal noircie,
    Et des morceaux de membres, curieusement préservés,

    Dans une strate de bruns,       comme celle des tranchées
    Saccageant l'horizon,     loin de la surface vivante,
    Où le vent secoue les bruyères.-


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    RC -  avril 2015



     

     

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  •  

    De l 'électricité dans l'art...

     

     

     

    Martial Raysse -un des plus célèbres représentants du « Nouveau Réalisme » Il y a de l'électricité dans l'art...

     

    Il y a de l'électricité dans l'art...

     

    ( voir Arman, César, Tinguely, Niki de St Phalle ) utilise des images d'art ou des images lisses style publicité et les traite avec des couleurs exagérées ( voir Andy Warhol ), et de plus intègre des dispositifs électriques aux œuvres, par exemple des néons clignotants.

     

    L'artiste revendique en effet sa modernité par les techniques et les matières qu'il emploie (couleurs

     

     

     

     

    (photo RC) Carré d'art Nîmes

    fluorescentes, plastique, néon, sérigraphie, reproductions photographiques, films) et confronte

     

     

    L'esthétique selon laquelle il transforme ces oeuvres participe à une volonté d'actualisation. Il emprunte ainsi au monde publicitaire les aplats de couleurs sans contraste, cernés par des contours marqués et générateurs de planéité. L'agrandissement de ces images les rapproche aussi, du fait de leurs nouvelles dimensions, des affiches publicitaires.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Naturellement, il n'est pas le premier à utiliser la magie de l'électricité...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    mais il y en davantage qui l'utilisent pour produire du mouvement ( à l'aide de moteurs électriques par exemple),

    C'est le cas de sculptures animées de Tinguely, comme celle de la célèbre fontaine Stravinsky en face du centre Georges Pompidou à Paris

    Il y a de l'électricité dans l'art...

     

     

     

     

    Mais aussi beaucoup de « machines », plus ou moins parodiques, comme des machines à peindre, à lancer des ballons, etc... que Tinguely assemble à partir d'éléments mécaniques usagés, donnant un aspect dérisoire à la pratique mécanique /

     

     Il y a de l'électricité dans l'art...

     

    Des artistes « vidéo », utilisent des postes de TV dans leurs créations : c'est le cas de Nam June Paik

    qui fait de l'élément « poste », une composante d'un « tableau »...

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Dans d'autres domaines, citons l'américain Dan Flavin,

    qui aligne des tubes de néon, en jouant sur le renvoi de la couleur,

     

     

     

     

     

     

     

    et aussi l'artiste français François Morrelet, qui réalise des installations dans l'espace grâce à des rythmes de néons

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Le mouvement produit par l'électricité peut aussi prendre

    l'aspect d'électro-magnétisme par l'intermédiaire d'aimants...

    C'est ce que réalise Pol Bury avec ses petits mouvements de billes :

     

     

    D'autres exemples : certaines œuvres de Wolf Vostell :  

     

     

     

     

     

    et bien sûr les installations de Christian Boltanski :

    ses manèges avec systèmes d'ombres chinoises mobiles, mais aussi ses reliquaires.

     

     



     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    On le voit l'électricité est utilisée directement, comme une composante du visuel, ou de quelque chose qui provoque des variations... (intensité lumineuse, mais aussi souffleries, etc)

     

    et pas seulement « illustrée » comme le fit Dufy avec sa célèbre fresque «  la fée électricité »

     

     

     

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  • Le rapport  d' Andy Goldsworthy  avec la nature,

    c'est  aussi  celui du rapport  au temps  ( météorologique),

    et du temps (  durée)...

     

    ce  qui est clairement  visible  dans  son rapport  avec l'éphémère...    voir  en cela  le  superbe livre  "Time"

     

    voir  la PJointe    ( pdf - 16 pages ) - onglet en bas  à gauche  liste  déroulante

     

     

     

     

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  •                      peinture:   Nicolas de Staël:                    toits de Paris – 1952

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    Faire  que  le tout                        s’étale

    A grands coups de spatule

    Et que la peinture  s’écrase

    Poussant                   de petits monticules

     

    La matière de surfaces agitées;

    —————–           La couleur  décalée

    Sous le gris se profile            le rouge,

    Nicolas ,              et les  toits de Paris

     

    Cliquetant des                               éclats d’argent

    Lorsque filtre    un pinceau de lumière

    Au gré du vent,             sur la ville

     

    Ses  écailles qui brillent

    Une nasse fragmentée  d’envers,

    ….            Immobile  d’hivers

     

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    RC  – 24 novembre  2012

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