• L'église d'Auvers

    L’église d’Auvers           -Vincent Van Gogh

     

    -
    L’église d’Auvers, ondule,
    Sous l’épaisseur d’un ciel,
    Dont j’ai sondé la couleur.

    L’outre-mer           est aussi profond,
    Que celui      du dernier champ de blé,
    Sous le coup de fouet de l’été.

    Le peintre anticipe un futur
    Aux chemins divergents,
    Et la  mer est debout,  avec sa masse pesante.

    Il n’y manque que les corbeaux,
    Coassant sur la plaine…
    Alors que chantent encore l’orangé des pentes,

    Vers une danse de l’ombre,
    Où s’éloigne une femme,
    Bientôt disparue,   de la peinture.

     

    RC-  Août   2014

     

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    en rapport, ce texte de Laurent Quintreau

     

    Temps chaud et sec
    Je fixe un arbre sans ciller
    Des personnes passent comme en surimpression
    Une jeune femme, une autre, un vieil homme et un enfant, deux autres femmes
    Toujours l’arbre
    Des voitures passent, fixer l’arbre
    D’autres passants
    Passe un bus
    Yeux qui pleurent, tenir bon
    Toujours l’arbre, bruits de klaxon
    L’arbre
    Arrêter, mal aux yeux
    Maintenant l’église
    Je fixe l’église sans ciller
    Les voitures continuent de passer
    Devant l’église, quelques clochards, ils se chamaillent
    Je fixe l’église, mes yeux pleurent, je tiens bon comme j’ai tenu bon ces deux derniers jours pour le jeûne, je ne bats pas des paupières, toujours l’église
    Ciel magnifique, lumière orangée
    Des passants se découpent dans cette lumière sidérale
    Toujours l’église, elle vibre au milieu de l’air
    Elle se gondole comme sous l’effet d’un psychotrope puissant, et pourtant je n’ai rien pris, je n’ai même pas bu une goutte d’alcool
    Où va la beauté du monde ?
    Douleur, pleurs, je suis obligé de fermer les yeux
    Les passants, je me décide à les fixer
    Un, deux, trois, quatre, ils passent dans mon champ de vision et disparaissent
    Vertige et tristesse du monde
    Je fixe une grande blonde, quelle partie au juste ? Elle est déjà partie
    Je fixe un couple de quinquagénaires, ils mangent une glace, déjà disparus
    Je fixe un photographe qui s’est arrêté pour prendre un cliché de l’église
    Je fixe son visage de dolichocéphale rasé
    Je fixe
    Tout à coup, son visage explose, comme s’il se confondait avec le monde extérieur
    Phénomène visuel plus curieux encore, les personnes qui passent m’apparaissent comme des taches remuantes à la façon d’amibes qui se mélangent les unes aux autres
    des larmes
    trop de larmes
    m’obligent à arrêter

    (p. 308-310)

    Laurent Quintreau, Mandalas (Denoël, 2009)

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