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    La muse endormie -  ( RC )

     sculpture: C Brancusi

     

    Elle est là, lisse et brillante,

    comme une goutte d'eau posée ...

    Ce pourrait être sur un lit de branches,

    ou coussin de velours         .

                          Elle repose, immobile,

    mais cela n'a rien à voir avec la mort.

     

    Elle rêve en son sommeil ,

    concentrée sur son rêve de bronze ,

    lisse dedans, sereine   :

    tout est possible dans ses pensées,

    la muse sourit en silence

    dans son sommeil.

     

    Ni déesse solennelle,

    ni allégorie,        elle a aucun attribut,

    ne présente qu'elle même ,

    naturelle au point que l'on oublie,

    que,                     toute entière  dans son seul visage  :

                                                                       la sculpture a délaissé son corps .

     

            Elle est là,        lisse et brillante,

    et attend avec bienveillance,

    comme une évidence .

    Elle est muette, endormie,        suivie de son ombre ronde :

             Attends qu'elle se réveille,

    elle te confiera son secret.

     

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    RC - janv 2018

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    Un temps  qui n'a ni début, ni fin - ( RC )

    photo de Patrice Terraz voir portfolio 

     

     

    Il y a sur la mer des ombres immobiles,
    noires,
    aussi denses que pourrait l'être
    l'espace d'un mutisme.

    Il ne dit rien de lui-même,
    clos sur son silence,
    alors que tourne le ciel,
    autour d'un centre indéfini,
    que peut-être on ne peut imaginer.

    C'est sans doute
    parce qu'on fixe sur la pellicule,
    le temps qui défile,
    et se courbe .

    Le regard ne le traverse pas :
    sa distance se confronte à l'épaisseur de la nuit,
    mais celle-ci palpite de lumière,
    moins pesante que la pierre :
    un vol engourdi et circulaire.

    Un temps qui n'a ni début, ni fin .

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    RC - janv 2018

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  • Katia Bourdarel - Le ruban

    peinture:  Katia Bourdarel  "le  ruban"

     

     

    J'ai vu cette main en gros plan,

    posée sur un membre,

    ou un corps  souple .

    Peut-être  était-ce celui d'un autre

    plutôt que celui de  la personne  

    à qui appartient la main.

     

    Rien ne l'indique .

    Ou peut-être  une  légère  différence 

    de pigmentation de la peau  :

    Les doigts sont face à nous .

    La main repose, légère,

    abandonnée.

    Lassitude,  tendresse ?

     

    Elle s'enfonce légèrement 

    dans la peau, souple, accueillante.

    Mais les ombres sont  pourtant assez marquées :

    elles tirent sur le mauve.

     

    Ce qui surprend , 

    c'est  aussi l'ombre portée du bras

    sur l'arrière plan,

    placé précisément sur l'axe diagonal du tableau ;

     

    comme si  celui-ci était plaqué

    sur la surface  d'un mur, 

    donc n'ayant pas l'espace nécessaire

    pour qu'il puisse se poser

    sans faire une  contorsion.

     

    C'est une main féminine, 

    et le torse,  horizontal,

    si ç'en est un, 

    montre un petit grain de beauté  

    au niveau du pouce :

     

    cela fait un ensemble empreint de douceur, 

    mais l'arrangement de l'ensemble

    ne semble pas tout à fait naturel :

    la position rappelle un peu

    celle de la main de l'Olympia,   de Manet.

     

    Le titre attire notre attention

    sur un ruban noir étroit,

    noué au niveau du poignet.

    C'est un détail, 

    qui réhausse le côté un peu blafard de la chair;

    et on se demande s'il y a un sens particulier,

    donné par sa présence:

     

    s'il était placé plus haut, 

    ou ailleurs, 

    plus  épais, d'une teinte différente.

    Si le noeud  n'était pas si  apparent...,

    et s'il n'y avait rien du tout,

    seulement  son empreinte  ?

     

    Comme un ruban du même type 

    est aussi présent dans l'Olympia,

    mais autour du cou, et noir également

    c'est une similitude,

    comme l'oblique  du bras,

    qui n'est peut-être pas  fortuite ,

    et on s'attendrait sur d'autres  toiles,

    à des rapprochements similaires...

     

    -

    RC   - janv  2018

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    Des personnages- témoins, chez  Edgar Hopper

     

    Il y a une personne,      seule, souvent.

    Elle  regarde  dehors.

    Quoi ?           on ne sait pas .

    Cette personne  est isolée .

    Non pas seule,   mais isolée :

    elle  contemple  ce qui se passe

    en-dehors du lieu où elle se situe.

    Elle n'y prend pas part.

    Ou rarement.

    C'est une  figurante.

    Posée là pour donner l'échelle .

     

    En fait, il pourrait aussi bien n'y avoir personne .

    >    Juste un bureau,      une chambre  d'hôtel ... 

    et la lumière ,          dont on ne voit pas la source ,

    découpe ses formes géométriques sur les murs .

    La clarté en devient  abstraite .

    On dirait que,          quel que soit le décor,

                                      ou ce qui est peint, 

    tout se répète,       inexorablement,

    sans brutalité, sans noirceur,

    se déroulant sous le regard des personnes représentées, ,

    comme sous le nôtre :

     

    le regard d'un témoin 

    qui voit les choses lui échapper :

              le temps  n'est pas arrêté .

    Son passage n'est pas offert à la beauté,

    ou la contemplation,

    à l'inverse d'une peinture de la Renaissance :

    la scène se saisit d'un quotidien ordinaire,

    et des gestes banals,     curieusement familiers ,

    car ils sont ceux que nous pouvons faire,

    comme si on se voyait juste    survivre 

    à un spectacle        qui ne nous  concerne plus.

     

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    RC - janv  2018

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