• Fresco à San Antonio de la Florida - Tableau 2924

    Tout autour de la balustrade ,
    sont rassemblés des personnages 
    comme dans un tribunal:

    Ils semblent être dans l’attente 
    d’un évènement peu banal
    qui ne saurait tarder.

    Au-dessus, passent des nuages,
    et quelques anges ,     très sages..
    dans un paradis de stuc et de rocs .

    On ne sait d’où ils s’échappent,
    ni ce qui les dérangent 
    ou les provoquent .

    Tout ce monde se déhanche,
    en étoffes et effets de manches…-
    mais leur attitude se fige :

    Eveillés par le moindre bruit,
    leurs têtes, d’un même mouvement,
    se penchent brusquement …

    Leur regard me suit, mécanique ,
    de manière insistante et maléfique ,
    dès que je me déplace…

    Descendus du monde céleste ,
    ce sont comme des rapaces ,
    épiant chacun de mes gestes…

    Un regard de glace ,
    qui vous figerait le sang :
    immobilisés sur place …

    ce qui me ramène pourtant
    des siècles en arrière, 
    quand les trompettes altières

    résonnent dans l’arène : 
    – Voila donc l’aubaine
    semblent-ils se dire :

    une occasion rarissime
    pour convoquer les vampires
    et désigner la victime ….

    L’imagination accompagne presque
    le mouvement des ailes
    se détachant de la fresque .

    Ils vont trouver un motif
    pour aiguiser leurs griffes,
    et basculer dans le réel…

    Déjà, brillent des yeux noirs,
    que j’avais entr-aperçus …
    acérés et cruels…

    Oui, je n’aurais jamais dû
    entrer dans cette chapelle:
    une sorte de purgatoire

    En ce lieu, 
    où l’on chercherait vainement Dieu
    la porte s’est définitivement close .

    – …. c’est ainsi que fanent les roses …

    RC mai 2017

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  • Résultat de recherche d'images pour "torture morte duchamp"

    basé sur l'oeuvre de Marcel Duchamp " torture morte"

     

     

     

    Une nature morte qui n'est pas illusion,
    juste une découpe après dissection,
    proprement décousue,
    une nature morte toute crue

    celle que tu vois dans l'assiette
    ( un régal pour l'esthète )
    une nature morte qui pue :
    la vérité toute nue

    qu'on a mis dans une boîte
    un pied découpé ,entouré d'ouate
           détaché d'un corps
    idéal pour les amateurs ....

    Mieux que celui d'une momie :
    c'est un bout d'anatomie
    indécent         ( mais pas farouche )
        apprivoisant déjà les mouches :

    il fallait donc l'exposer
    au mieux,    dans un musée :
    on dirait presque un ready-made :
                  Ce pied est encore tiède

    On ne l'aurait même pas remarqué
    dans un cabinet de curiosités,
             - dans tout ce bazar  :
     le lard se confond avec l'art... -

    En patience,          la nature morte attend
              ( et elle a tout son temps ) :
    l'ordinaire peut s'avérer provoquant...
             demandez-donc à Duchamp ... !!

    -
    RC - oct 2017

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  •  2013_0414montpellier0252.JPG

     

     

    Les murs de Maguelone
    gardent       à l'intérieur,
    un espace qui résonne
    de fleurs de méditation.

    Quelques ouvertures
    dans l'épaisseur des murs
    font       comme des tableaux,
    où le paysage reste flou :

    Des ondes , dans l'épaisseur du verre,
              en couleurs de miel
    dessinent autant qu'elles déforment
    l'extérieur,     en formes fantomatiques,

    -       juste une allusion
    offerte à l'oeil
            comme à l'esprit
    vagabondant dans l'être .

    -


    RC - oct 2017

     

    Vitraux de Robert Morris à la cathédrale de Maguelone. ( les vitraux de Maguelone, -tout proche de Montpellier -  sont  de Robert Morris )

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  • _______________________________

     

     

     

    Portrait de femme assise à la robe verte - Pablo Picasso 1961

     

    C'est cette femme assise,
    dont on voit un bout de robe verte,
    où des visages (qui sont peut-être les siens,
    vus sous plusieurs angles ) ,
    se superposent ...

    Car ce sont les angles,
    qui interrogent le profil .
    Il se découpe,
    sur la rivière noire des cheveux :
    lourde masse chutant.

    Ce qui serait un chapeau :
    un tricorne étrange,
    sert d'encadrement au visage,
    dont l'expression se fige
    dans l'attente.

    Attente ou effroi,
    c'est ce qu'on ne sait pas,
    ni le comment ni le pourquoi,
    nous fixant à la manière d'un intrus
    tant le regard est dru.

    Noir, sans reflet
    ni état d'âme,
    interrogation des sourcils ,
    le corps semblant être là par erreur,
    a même avalé les couleurs .

    -


    RC - oct  2017

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  • sculpture: Urs Fischer – 2015

     

    Sur un fauteuil style Louis XVI
    sorti de chez l’antiquaire
    il y a les mains de ma mère
    ( qui auraient pu préférer les chaises ) ….
    Pour être plus précis dans le décor,
    celui-ci n’a rien de spécial,
    mais quand même, c’est pas normal…
    il y a juste les mains, pas le corps .

    Il existe peut-être,
    mais dans l’au-delà :
    – en tout cas on ne le voit pas – :
    ça a l’allure d’un spectre
    qui voudrait se faire inviter
    pour partager le dessert
    avec mon frère
    à l’heure du thé :

    C’est une sorte d’ambassadrice ,
    qui ne s’encombre pas d’apparence
    et joue sur la transparence ,
    ( sauf pour ses mains lisses )
    Elles n’ont rien de squelettiques ,
    pleines de jeunesse,
    elles sont d’une tendresse
    bien énigmatique….

    Ces mains , d’une autre époque
    se posent doucement ,
    plutôt affecteusement ,
    quand c’est le « five o’clock » ;
    – toujours avec exactitude – ,
    avant bientôt, de s’évanouir
    comme un tendre souvenir
    ( un rendez-vous quotidien, dont j’ai pris l’habitude ).


    RC – juill 2017

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  •  

     

     

    peinture: Paul Delvaux

     

     

     

    J'entends le silence,

    comme un souffle en négatif,

    ..                 et c'est la nuit.

    Evidemment la musique est toujours là.

    Mais elle a été prélevée, et se trouve ailleurs

     

    en-dehors de la ville,

    dans une petite pièce

    où deux femmes en miroir lisent un petit livre,

    accompagnées dans leur pensée

    par la mélodie du chalumeau.

     

    ( vous savez, cette toute petit flûte

    qui a accompagné

    la traversée de l'eau

    dans l'histoire du musicien d'Hamelin

    entraînant avec lui rongeurs, et enfants ) .

     

    Ici c'est un homme 

    en grand manteau rouge

    comme sorti 

    d'une peinture allemande.

    Une étrange lueur nimbe les lectrices .

     

    Une fausse perspective,

    au sol en damiers rigides

    curieusement ouverte

    permet pourtant aux roses

    de s'épanouir,       malgré l'obscur.

    -

     

    RC - oct  2017

     

     

     

    (  d'après une peinture de Paul Delvaux )

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